MÉDITATION SUR LES TOITS
Le travail me retient bien tard sur ces toitures !
Le bruit des ateliers, le fracas des voitures Meurent dans l'air, pareils aux derniers sonsd'un charil , La nuit ternit le fard dont le soleil couchant Tapisse les sommetsdes monts qui nous dominent , Et la ville et le ciel ensemble s'illuminent.
Que de fois, contemplant cet amas de maisons,
Qu'élreignent nos remparts couronnés de gazons,
Et ces faubourgs naissants, que la ville, truppleine,
->:{() MAIUNKS.
Pour SCS enlanls nouveaux élève dans la i)laine, Immobiles troupeaux, où noire clocher gris Semble un pâtre au milieu d'î ses blanches brebis, J'ai pensé que, malgré notre angoisse et nos peines , Sous ces toits fraternels il existait des haines, Et que des murs, plus forts que ces murs mitoyens, Séparaient ici-bas les cœurs des citoyens!
Lorsque le vent marin souftle un parfum d'orage. Avant que la tempête ait assombri la plage iNous voyons s'attrouper nos légers goélands; Us volent au-dessus des nuages roulants; Et, sous les yeux du ciel, contre l'éclair livide. Dans leur sainte union ils trouvent une égide. Quand notre ciel se teint de sinistres couleurs. Quand nos fronts sont courbés par le vent des douleii rs, Frères, rallions-nous! Les tempêtes humaines, L'éclair de la discorde et le torrent des peines. Et tousles noirs fléaux dont leurs lianes sont munis, Ne nous atteindront pas si nous sommes unis.