L HIVER
Et quand le froid s'éveille aux derniers jours d'odobre, 11 rêve en frissonnant l'agonie ou l'opprobre.
Pourtant si quelque jour ce peuple se cabrait Pour redevenir roi, qui l'en empêcherait? Quelle digue opposer aux torrents populaires Enllés par tant de sang, de pleurs et de colères? De stupides soldats? Des canons étrangers? Mais l'on sait que ce peuple, a l'heure des dangers, Quand le poids-de ses maux et de ses fers s'aggrave, Secoue un haillon rouge, avec son fer y grave DU PAIN OU LA MORT, puis, noble toréador. Écrase le taureau royal aux cornes d'or. Entasse, arme à l'instant cent phalanges guerrières, Refoule l'étranger, recule ses frontières ; Et ses tyrans brisés, ses combats glorieux , Ses fers anéantis, ont prouvé que les cieux , Irrités comme lui d'une longue souffrance , A SCS sanglants excès avaient souscrit d'avance.
niches, à vos [)laisirs faites parlici[)cr L'homme que les malheurs s'acharnent à frapper. Donnezauxbonsvieillardsquelefaixdesanscourbe Un grabat et du pain, un âtre et de la tourbe; Tendez des bras sauveurs au génie abattu ; Encouragez les arts, soutenez la vertu; Et le pauvre qui meurt sur quelque froide borne, (jui legarde vos chars voyageurs d'un œil morne, Qui reste anéanti par la faim et le froid, J\e s'écrira jamais, dans son horrible effroi : Quand cbaufferai-je donc ma poitrine engourdie Au seuil de leurs palais fumants sous l'incendie? Quand mes doigts décharnés palperont-ils cet or Qu'un coflYe-fort étreint comme un cadavre mort?
Oh î faites tra\ ailler le père de famille Pour qu'il puisse abriter la pudeur de sa fille, Pour qu'aux petits enfants, maigris parles douleurs, Il rapporte, le soir, du pain et non des plewrs; Afin que son épouse, au désespoir en ()roie,
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Se ranime à sa vue et l'embrasse avec joie; Afin qu'à l'Élernel, à l'heure de la mort, Vous n'offriez pas un cœur carié de remords.
Et l'humanité désolée bilattjra son ame heureuse et consolée , Comme le jeune lis lève dans la vallée Son front de neige, alors que les larmes du ciel Dans l'urne du matin épanchenl leur doux miel.
El les populaires tempêtes INe menaceront plus d'éclater sur vos têtes. Elles se dissoudront au soleil de vos fêtes , Et vos plus beaux concerts serontleschanls d'amours De ceux dont vos bienfaits auront sauvé les jours.