‹ MarinesChapitre 69 sur 76 · LA SOMNAMBULE DES 3IERS · texte numérisé non relu

LA SOMNAMBULE DES 3IERS

Ballade Marit.irr.e.

Miiiuil sunnc. La luciole Argenté de ses feux les liquides déserls. Ne distinguez-vous pas, flollant nu gré des airs

Une robe blanche qui vole?

C'est la somnambule des mers.

Oh! silence! Klle b'aj)[t)ocl)e; Ll, d'un |)as silencieux ,

MAKINKS

Moule ;m soimiiet (rniic ruche, î*(iur inlerroger les eieux.

Mais l'horizon est sans tache.

Kl le court sur le récif, Et, de ses doigts blancs, délache !.e nœud qui retient l'estiuif.

Viens! soupirait le zéphyr tendre; Pour loi j'ai fait fleurir ces bords; A chaque bruit je crois t'entendra; Et la mer, qui semble l'attendre, Joint sa prière à mes transports.

Oh! viens sous mon plafond d'étoiles :

Mes ailes sont pour tes pensers , Mon souille pour tes blanches voiles,

LA SCm.\A3JliLLK DES MERS.

El, pour Ion sein que tu me voiles, Tous mes parfums, tous mes baisers!

Et la barque émit entraînée.

Et, sur le flot phosphorescent, Luisait une ardente traînée, Que la somnambule étonnée Suivait des yeux, en souriant.

« Voilà, disait la douce fille, tt Voilà l'étoile des guerriers (1 Dont sa jeune poitrine brille!

4 Cet air enflammé, qui scintille, a C'est sa couronne de lauriers!

tt Au mâle appel de la patrie

« 11 ofl'rit son sang et ses jours;

« Il quitta sa mère chérie;

a II étonff'a l'idolâtrie

a Qu'il avait vouée aux amours:

» Oli î «jrie le fiel le ivcoinperi'-e

e De tant île .siihliiiies donleiirs,

4 De tant de beaux jours (pi'il dépense ?

» Qu'un ange, dans ses maux, le pause

4 Avec le hauine de mes pleurs!

t Mais^oiei des drapeaux , des glaives!

* Voici mou bien-aimé vainqueur, « Qui foule le sable des grèves « Où les vents caressaient nos rêves, «4 Kt qui m'appelle sur son cœur

ft Volonsî » L^esquifcingla verslelarge.Et laYier*e

Semblailprcsserquclqu'uncontrcson sein mouvant; Mais ses bras étendus n'embrassaient que le \eut; r.t l'éclair s'allumait, comme un funèbre cierie , Dans un ouragan noir qui monlail du levant.

Oh î s'ecriail Teufaul si ]()yeuse naguère,

LA SOMN.UIBL'LE DES MERS. Toi

«^Pourquoi, mon beau vainqueur, ramènes-lu la guerre? « Entends-tu le canon? n'est-ce pas l'ennemi « Qui vient incendier le village endormi? »

Ce n'est pas le canon, c'est la foudre qui gronde! Chaque soir le trépas sur les mers fait sa ronde. Oh î qui te sauvera de la fureur des flots ? Quelle oreille entendra tes déchirants sanglots , Quand tu t'éveilleras, et que loin de la rive L'orage aura joté ta barque qui dérive?

Et l'ouragan noir déroulait, Comme un formidable monaniue, Des nuages massifs l'escadron violet ; Et la vierge se réveillait A l'instant où la foudre éclatait dans sa barque.

On a (lit que les flots ne l'engloutirent pas;

2,5 AIAKINKS.

Que sur la mobile surface

Du gouflre amer où tout s'efface,

I II flamljoyant guerrier \iiil lui tendre les liras.

II était décoré de la balle ennemie.

« Me voici! viens, dil-il , viens ma fidèle amie, <i \iens, loi (|ui m'appelais dans le calme des nuits 4 Toi dont l'ame, livrée à d'éternels ennuis, « Eclipse en pureté la neige des lavanges! u Que la vie, exhalée en divines louanges, » ISe regrette jamais le monde que lu fuis; » Car le digne séjour des héros et des anges , « C'est le ciel, où je te conduis! »

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