‹ MarinesChapitre 70 sur 76 · ISABELLE LA BLANCHE · texte numérisé non relu

ISABELLE LA BLANCHE

Eallide Maritirr.e.

Geoffroi, l'intrépide pêcheur,

A séduit la jeune Lsabelle,

Dont chacun vantait la blancheur.

Tandis qu'aux pieds d'une autre belle

Il porte son cœur et ses vœux,

La blanche fille, aux noirs cheNcux,

Expire en nommant l'infidèle.

MVniNKS.

Un an s'est écoulé depuis le sombre jour Où l'essaim attristé des vierges du village

Descendit Isabelle à son dernier séjour

Le soir brunit les rocs; et Geoffroi le volage . Attend dans son bateau, près du bord amarré, <Que par l'astre des nuits le ciel soit éclairé.

Mais , de ces rochers noirs, qu'envahit la marée,

D'oùvientque, toutàcoup, la barque est démarrée? Geoffroi des flots bruyants ne peut être vainqueur,

Et le froid de la nuit a passé dans son" cœur

Il sent s'évanouir son courage intrépide; Car jamais le bateau ne vola si rapide ; xSi ses membres de bois, que le tangage tord, Sous l'étreinte des flots ne craquèrent si fort.

Ciel! un fantôme blanc saule danb la nacelle!...

ISABELLE LA BLANCHE. 2oo

— c C'est moi qui l'ai conduit ici. Reconnais-tu t Celle dont tu souillas les jours et la vertu ? » Et Geoffroi s'écriait : « Grâce, grâce, Isabelle! » Elles flots rugissaient. Et le fantôme blanc Entraînait sur les mers le pêcheur tout tremblant.

~ « Viens , mon tendre Geoffroi , te livrer à la danse 4 Dont la foudre et les vents marqueront la cadence! «Viens! pourquoi craindrais-tu mes froidsembrassemenls? «Ne te souvient-il plus des suaves moments «Quenousavonscouléquandj'étaisjeuneetbelle? » Et le pêcheur criait : « Grâce, grâce, Isabelle! ^ Et sa voix se perdait en déchirants sanglots; Il tendait ses bras nus vers la lointaine terre : Et le fantôme blanc, aux accords du tonnerre, L'enlaçait, et toujours tournoyait sur les flots.

— 4 Oh î prends pitié de moi, généreuse victime,

<i Disait Geoffroi; .... pitié! madouleur, mes remords. . . . »

— « La vengeance rouait de la cendre des morts! »

Page 1