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CALME

Marine.

Quel magnifique soir! Le soleil, qui se penche, Prête aux flots du couciiant leurs plus riches éclats.

Des nuages la masse blanche,

Comme une céleste avalanche.

Semble suspendue à ses pas !

La mer silencieuse à roccîdent s'irise;

Son sein paraît glacé. L'eau qui mouille le bord,

S'étonnant que pas une brise

N'agite l'algue, qu'elle frise,

^11 >lAKINi:S.

Sur son lit de sable s'endorl.

Oh ! quand le flot, livrant une nocturne attaque Aux vaisseaux , dont il tord la vieille ancre de fer,

Tournoie autour du raât qui craque,

Comme un infernal zodiaque

Tournant sur l'axe de l'enfer :

Lorsqu'ardenle et sans frein, la vague, qui sanglolte. Pour la première fois fait pâlir les rochers :

Et, comme un vil hochet, ballotte

Toute une formidable flotte,

Sur un archipel de rochers :

Croirait-on qu'il suffit d'un seul jour, pour la rendre Calme et sans mouvement , comme elle l'est ce soir ; Et qu'aucun vent ne viendra tendre Tant de voiles, dont on voit pendre Les plis blancs le long du mat noir?

CALMK. 2T:J

Sur ks vapeurs du soir, où le joui mouinnl jaie Des Ilots de pourpre et d'or, les lui ries des ^ aisseaux Se dessinent en silhouette; El leur image se répèle Dans le ciel comme dans les eaux.

Avant que la vapeur vole aux et'kstes s[)hères, L'escadre, à qui la mer oflre un lit de cristal.

Parmi ses parfums somnil'ères

S'assoupit à Taspeel des terres,

Dans un sommeil oriental.

En contemplant ces mâts et leurs flèches pointues , L'œil étonné croit voir les rives d'orient. Avec leurs forêts chevelues.

Leurs minarets perçant les nues, Et leur ciel tiède et souriant.

voici la nuit. Tout dort. Tandis que le ciel veiile, L'escadre et la cité vont reposer sans bruit,

^1 A KLM- s.

Jiistiii'à c ' ijiie l'aube vermeille i:\0(|iie la mer, qui sommeille Dans les léiièbres de la nuit.

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