TROMBE MARINE
Entendez-vous là-bas ces clameurs de victoire? Le météore, atteint en son vol giratoire, Dans les airs fracassé , se rompt par le milieu. L'équipage sauvé tressaille d'allégresse.
La masse gigantesque au fond des mers s'aftaisse, Comme un char dont la foudre aurait brisé l'essieu.
Son panache d'éclairs disparaît dans les nues; Et son corps, englouti dans les ondes émues, Fait bondir après'lui les flots longtemps étreints : Comme un coursier blessé qui, fuyant le carnage, Expire dans le lac qu'il passait à la nage, Tandis qu'à la surface on voit flotter ses crins.
COUP DK VKM
Comme autant de canons que la tempête braque, Les flots sont dirigés sur la flotte qui craque. Oh! comme ils ont bondi sous le vent qui les traque; Comme ils vont s'élever, éphémères géants, Dans les airs tourmentés, que l'écume poudroie; Comme ils vont y mouvoir leur tête qui foudroie ; Et combien de vaisseaux vont, gigantesque proie, Assouvir pour un jour la faim des océans!
Coupde vent! Coup de vent! L'œil peutà peine suivre
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Ia' Nnl des ItàliiiR'iils, (iiic l'éclair rouge cuivre; .Mais ou \oil tliauceler, comme un Polyphème ivre, Ceux, dont l'ancre a planté ses ongles dans le roc. Les roches des vaisseaux empalent la carcasse. L'épais cordage crie, et se tend, et se casse. La falaise, au front noir, que la vague fracasse. Semble, pâle d'eiVroi , reculer sous son choc.
IMus de voiles ! Partout le navire se troue. Les mâts, rompusau pied, sontcouchés sur la proue. Vainement le canon de détresse s'enroue : L'œil de feu de l'éclair glace les dévouements. A la gueule du flot nul n'arrache la proie Que pétrit son écume, et que son onde broie. Et dont son flanc repu sur la rive renvoie Les débris mutilés, comme des ossements.