FALIERO, FERNANDO
C'est elle qu'on outrage!
, FERNANDO
Eléna!
Moij c'est moi.
FERNANDO
Vous !
Écoute et partage Un fardeau qu'à moi seul je ne puis supporter.
JS M ARIM) FALIERO,
C'est mon nom, c'est le nôtre à qui vient d'insulter Un de ceux dont nos lois sur les bancs des quarante *ont siéger à vingt ans la jeunesse ignorante. Lois sages!
FERNANDO
QuVt-il fait ?
n, I^e dirai-je ? irrité
D un reproche public , mais par lui mérité . L'insolent sur mon trône eut l'audace d'écrire... Je les ai lus comme elle et tous ont pu les lire , Ces mots... mon souvenir ne m'en rappelle rien: Mais ces mots flétrissaient mon honneur et le sien.
FERNANDO
Le lâche , quel est-il ?
.\ Cherche dans la jeunesse ,
Qui profane le mieux dix siècles de noblesse, Qui fait rougir le plus les aïeux dont il sort ? Tête folle ! être nul , qu'un caprice du sort Fit libre, mais en vain , car son ame est servile. Courageux, on le dit- courageux entre mille, Dont un duel heureux marque le premier pas: Du courage! à Venise, eh! qui donc n'en a pas? Un Sténo! F
FERNANDO
Lui, Sténo!
Bien que brisé par l'âge , Je n'aurais pas , crois-moi , laissé vieillir l'outrage. Près de Saint- Jean et Paul il est un lieu désert , ° Où, pour lui rendre utile un de ces jours qu'il perd, Mon bras avec la sienne eût croisé cette épée...