ACTE I, SCENE VIII
ISRAËL
Partout.
En brave ?
ISRAËL
En soldat de Venise.
Sous plus d'un général ?
ISRAËL
Un seul , qui les vaut lous.
C'est trop dire d'un seul.
ISRAËL
Non.
Quel est-il ?
ISRAËL
C'est vous.
Israël !... Oui , ce nom revient à ma mémoire \ C'est vrai , brave Israël , tu servis avec gloire : Tu combattis sous moi.
Mais dans des jours meilleurs, On triomphait alors.
FALIERO, avec joie.
A Zara !
ISRAËL
Comme ailleurs ; Vous commandiez !
Allons : dis-moi ce qui t'amène 5 Parle à ton général , et conte-lui ta peine 5 Dis , mon vieux camarade!
ISRAËL
Eh bien donc , je me plains. . .
M'insulter? on Ta fait î Par le ciel et les saints , Israël sans vengeance , et réduit à se plaindre ! . . . Pardon , mon général , je ne puis me contraindre : Qui souffre est excusé.
Je t'excuse et le dois :
Rappeler son affront, c'est le subir deux fois.
ISRAËL
Deux fois ! subir deux fois l'affront que je rappelle ! Que maudit soit le jour où , pour prix de mon zèle , Votre prédécesseur, mais non pas votre égal, Me fit patron du port , et cbef de l'arsenal î
C'était juste.
Et pourtant , sans cette récompense , Viendrais-je en suppliant vous conter mon offense ? Chargé par le conseil de travaux importans... Je tremble malgré moi , mais de fureur.
J'entends.
ISRAËL
Je veillais à mon poste : un noble vient, déclare Qu'il faut quitter pour lui nos vaisseaux qu'on répare. Il maltraite à mes yeux ceux qui me sont soumis : Je cours les excuser; ils sont tous mes amis , [les. Tous libres, par saint Marc , gens de cœur, gens uti- Dois-je donc , pour un noble et ses travaux futiles , Me priver d'un seul bras sur la flotte occupé ? Ledois-je? prononcez.
Non , certe.
Archives de la Ville d g =s
Archief van de Stad Brussei