‹ Marino FalieroChapitre 25 sur 77 · SCÈNE II · texte numérisé non relu

SCÈNE II

LIOM, BERTRAM.

LIOSI.

Ma colère A cédé , quoique juste , aux pleurs de votre mère ; Le sein qui vous porta nous a nourris tous deux jj Je m'en suis souvenu.

BERTRAM

Monseigneur!...

y LIONI.

Malheureux ï Quel orgueil fanatique ou quel mauvais génie De censurer les grands t'inspira la manie ?

BERTRAM

Je leur dois tous mes maux.

LIONI

Berlram , saris mou appui , Sur le pont des soupirs tu passais aujourd'hui ; On t'oubliait demain.

BERTRAM

Je demeure immobile.

Quoi ! le pont des Soupirs !

Sois un artiste habile, Un sculpteur sans égal ; mais pense à tes travaux , Et 5 quand tu veux blâmer, parle de tes rivaux. L'État doit aux beaux arts laisser ce privilège , C'est ton droit ; plus hardi , tu deviens sacrilège.

BERTRAM

On ne l'est qu'envers Dieu.

LIONI

Mais ne comprends-tu pas Que ceux qui peuvent tout sont les dieux d'ici-bas ?. .. On t'aime à Rialto , dans le peuple on t'écoule , Dis que je t'ai sauvé : tu le diras ?

BERTRAM

Sans doute j De raconter le bien le ciel nous fait la loi.

LIONI

Et d'oublier le mal 5 mais tes pareils et toi ,

Les mains jointes , courbés sur vos pieux symboles ,

Des pontifes divins vous croyez les paroles :

Du pouvoir qu'ils n'ont pas ils sont toujours jaloux,

En vous ouvrant le ciel , ils le ferment pour nous.

bertram. [maudire.

Non pour vous ? mais pour ceux que leur Dieu doit

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