‹ Marino FalieroChapitre 51 sur 77 · ACTE III , SCENE V · texte numérisé non relu

ACTE III , SCENE V

0 désespoir! 0 mon fils ! qu'as-tu fait? mon fils!

FERNANDO

Moi , vous revoir, Expirer à vos pieds !. . . Dieu juste !

Je devine Par quel bras fut porté le coup qui t'assassine : Par eux , toujours par eux ! Ils m'auront tout ravi. Du trépas de Sténo le tien sera suivi.

, FERNANDO

II s est conduit en brave.

0 trop chère victime , Que de ce cœur brisé la chaleur te ranime ! N'écarte pas la main qui veut te secourir... Mon fils ! si près de toi, je t'ai laissé périr! Mon espoir ! mon orgueil!.. . je n'ai pu le défendre. Au cercueil , avant moi , c'est lui qui va descendre , Et ma race avec lui !

FERNANDO

C'en est fait; je le sens...

Ne me prodiguez plus des secours impuissans. Une sueur glacée inonde mon visage...

t\ o - o FALIERO.

Que fais-tu?

FERNANDO , essayant de se soulever.

q jy f Je voudrais . . . donnez-m'en le courage .

D'où nait l'horreur qui semble te troubler?

Je veux... c'est à genoux que je veux vous parler. Je ne puis... .

FALIERO , le serrant dans ses bras.

Sur mon cœur ! sur mon cœur !

FERNANDO

Ah ! mon père , Grâce! pâirdonnez-moi.

Quoi ? ta juste colère ?

C'est celle d'un bon fils !

FERNANDO

Grâce ! Dieu vous entend :

Désarmez le courroux de ce Dieu qui m'attend.

Comment punirait-il ta désobéissance ?

L'arrêt qui doit t' absoudre est prononcé d'avance.

Je te bénis. En paix de mon sein paternel

Va déposer ton ame au sein de l'Eternel.

Ne crains pas son courroux ; fût-il inexorable ,

Il ne trouverait plus où frapper le coupable ;

Je t'ai couvert , mon fils , de pardons et de pleurs.

FERNANDO

Mon père, embrassez-moi. Venise... et toi... je meurs.

ISRAËL , à Faliero après un moment de silence. Balancez-vous encor?

FALIERO, qui se relève en ramassant Vèpée de Fernando,

L'arme qui fut la sienne De sa main défaillante a passé dans la mienne : Juge donc si ce fer, témoin de son trépas , Au moment décisif doit reculer d'un pas. [meure ,

Vengeance ! ... Au point du jour ! . . . pour quittter sa de- Que chacun soit debout dès la quatrième heure. Au portail de saint Marc , par différens chemins , Vous marcherez le fer et le feu dans les mains,

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