ACTE IV, SCENE I
Moins affreux cependant que la réalité : Bientôt...
ÉLENA , de même.
Mort de douleur. . . en te trouvant... coupable. faliero.
D'un soupçon qui l'outrage, ô suite inévitable! Jusque dans son repos , dont le calme est détruit, De mon funeste aveu le souvenir la suit. Chère Éléna !
EL EN A, s' éveillant
Qu'entends-je ? où suis-je ? qui m'appelle ?
Ton ami.
éléna.
Vous! c'est vous!
A mes désirs rebelle , Par tendresse , il est vrai, pourquoi m'attendre ainsi?
ÉLÉNA.
Que vous avez tardé !
Je l'ai dû.
éléna.
Vous voici !
C'est vous!... Dieu! quels tourmens m'a causés votre ab- Je marchais, j'écoutais : dans mon impatience, [sence ! Quand le bruit d'une rame éveillait mon espoir, J allais sur ce balcon me pencher pour vous voir. La gondole en passant m'y laissait immobile • Tout , excepté mon cœur , redevenait tranquille. J'ai vu les astres fuir et la nuit s'avancer, Et des palais voisins les formes s'effacer , Et leurs feux , qui du ciel perçaient le voile sombre . Eteints jusqu'au dernier, disparaître dans l'ombre
Que Patiente et la nuit alongent les momens ! Je ne pouvais bannir mes noirs pressentimens. Je tressaillais de crainte , et pourquoi? je l'ignore.
Tu trembles sur mon sein.
ELENA
Quand donc viendra l'aurore ?
Oh ! qu'un rayon du jour serait doux pour mes yeux ! Funeste vision î quelle nuit ! quels adieux ! Il m'a semblé... j'ai cru... l'abîme était horrible , Et mes bras , que poussaient une force invincible , Vous traînaient, vous plongeaient dans cetabîme ouvert, Malgré moi, mais toujours , tou j ours ! . . . que j'ai souffert! J'entends encor ce cri qui du tombeau s'élève , Qui m'accuse. . . 0 bonheur ! je vous vois , c'est un rêve !
Ne crains plus.
EL EN A
Loin de moi quel soin vous appelait ?
Tu le sauras .
éléna.
Si tard . dans l'ombre !...
Il le fallait.
ÉLÉNA.
Pour vous accompagner , pas un ami ?
Personne.
ÉLÉNA.
Pas même Fernando ?
Lui, grand Dieu I
ÉLÉNA.
Je frissonne .