‹ Marino FalieroChapitre 55 sur 77 · ACTE IV, SCENE I · texte numérisé non relu

ACTE IV, SCENE I

Vous cachez dans vos mains votre front abattu. 0 ciel ! du sang î

Déjà?^

Le vôtre ?

Que dis-tu?

Que n'est-il vrai!

ÉlÉNA.

Parlez !

Un autre...

ÉLÉNA.

Osez m'instruire.

Qui? j'aurai du courage et vous pouvez tout dire : Qui donc?

Il n'est plus temps de te cacher son sort : Sous mes yeux Fernando...

ÉLÉNA.

Vous pleurez : il est mort.

Digne de ses aïeux , pour une juste cause * La tienne !

ÉLÉNA.

C'est pour moi !

-Près de nous il repose , Mais froid comme ce marbre, où penché tristement Je pleurais, j'embrassais son corps sans mouvement- Pleurs qu'il ne sentait plus , douce et cruelle étreinte Qui n'a pu ranimer une existence éteinte î J'ai trouvé sur son cœur réchauffé par ma main,

86 MARIJNO FALIERO,

Ce tissu malheureux qui le couvrait en vain : Quelque gage d'amour!

Il présente à Élénaune ècharpe qu'il tire de son sein. ELENA , qui la saisit.

La force m'abandonne.

Objet funeste, affreux!

T, . A Aûî «p'ai-je fait? pardonne.

J aurais du t'épargner...

élena.

, Non! c'est mon châtiment.

JNe m'accusait-il pas à son dernier moment? Lui qui mourait pour moi!... Fernando!...

Je l'atteste Far son sang répandu, par celui qui me reste, Ceux qui causent nos maux gémiront à leur tour.

AT i ™ . ÉLÉNA.

JXuit d horreur!

Que doit suivre un plus horrible jour.

élena.

Le deuil, à son lever, couvrira ces murailles.

Ce jour se lèvera sur d'autres funérailles.

iLÉNA.

Quoi!...

La mort est ici , mais elle en va sortir.

ELENA

Quel projet formez-vous ?

Prête à les engloutir, Du Sénat et des Dix la tombe est entr'ouverte.

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