FALIERO, LIONI, BERTRAM
FALIERO , froidement à LionL J'écoute. Eh bi6n '' ^Ue savez-v°us ?
LIONI
J'étais seul , en proie à la tristesse gui suit parfois d'un bal le tumulte et l'ivresse ■De je ne sais quel trouble agité sans raison. Un homme , c'était lui , client de ma maison , Que j honorai long-temps d'une utile assistance , Et qui ma du tantôt quelque reconnaissance , . .Keclame la faveur de me voir en secret. Écarté par mes gens , il insiste : on l'admet « Devant Dieu , me dit-il , voulez-vous trouver çràce «Ne sortezpas demain. » Je m'étonne- à voix basse,' L œil humide , il ajoute en me serrant la main * Je suis quitte avec vous , ne sortez pas demain. >v Et pourquoi ?... Les regards inclinés vers la terre Immobile , interdit , il s'obstine à se taire J épiais sa pâleur de cet œil pénétrant Dont ,e cherche un aveu sur le front d'un mourant l Je le presse ; il reprend d'une voix solennelle : ' « Si la cloche d'alarme à Saint-Marc vous appelle , « N y courez pas , adieu ! » Je le retiens alors : On 1 entoure à ma voix, on l'arrête ; je sors Quatre rameurs choisis sautent dans ma gondole Il y monte avec moi : je fais un signe : on vole ,' lit je 1 amené ici . pour qu'au chef de l'Etat Un aveu sans détour dénonce l'attentat.
Il n'a rien dit de plus ?
Archives de. la Ville de Bruxelles Archief vsn rfe Rf^H Rn.o^i
■•il II J ACTE IV, SCENE V. 91
LIONI
Mais il doit tout vous dire.
Je ne suis pas le seul contre qui Ton conspire. Si j'en crois mes soupçons , Venise est en danger : Qu'il s'explique , il le faut.
Je vais l'interroger.
// s'assied entre Bertram et Lioni qui est appuyé sur le dos de son fauteuil.
A Bertram.
Approchez : votre nom?
BERTRAM
Bertram.
LIONI, bas au Doge.
On le révère* On cite à Rialto sa piété sévère :
Parlez-lui du ciel.
A Lioni.
Oui. Bertram, regardez-moi.
BERTRAM
Seigneur. . .
lioni.
Lève les jeux.
JN'ayez aucun effroi.
LIONI
Si lu ne caches rien , ta grâce est assurée.
Je sauverai vos jours ; ma parole est sacrée , Vous savez à quel prix.
BERTRAM
Je le sais.
Descendez Au tond de votre cœur , Bertram , et répondez , Quand vous aurez senti si votre conscience Vous fait ou non la loi de rompre le silence
LIONI
Quels sont les intérêts dont tu vas disposer.
Et quels jours précieux vous pouvez exposer.
J'ai parlé ; mon devoir m'ordonnait de le faire.
, , LIONI
Achevé.
Et maintenant il vous force à vous taire . Si je vous comprends bien ?
BERTRAM
Il est vrai.
LIONI
Te défend de cacher un projet criminel.
n . I FALIERO.
te projet , quel est-il ?
BERTRAM
Je n'ai rien à répondre.
LIONI
Mais ton premier aveu suffit pour te confondre.
BERTRAM
Une voix m'avait dit : Sauve ton bienfaiteur.
T . . LIONI
Je suis donc menacé?
Lui seul ?
t « l e 2 1 « Quel est l'auteur ,
Le chef de ce complot ?