‹ Marino FalieroChapitre 58 sur 77 · FALIERO, LIONI, BERTRAM · texte numérisé non relu

FALIERO, LIONI, BERTRAM

FALIERO , froidement à LionL J'écoute. Eh bi6n '' ^Ue savez-v°us ?

LIONI

J'étais seul , en proie à la tristesse gui suit parfois d'un bal le tumulte et l'ivresse ■De je ne sais quel trouble agité sans raison. Un homme , c'était lui , client de ma maison , Que j honorai long-temps d'une utile assistance , Et qui ma du tantôt quelque reconnaissance , . .Keclame la faveur de me voir en secret. Écarté par mes gens , il insiste : on l'admet « Devant Dieu , me dit-il , voulez-vous trouver çràce «Ne sortezpas demain. » Je m'étonne- à voix basse,' L œil humide , il ajoute en me serrant la main * Je suis quitte avec vous , ne sortez pas demain. >v Et pourquoi ?... Les regards inclinés vers la terre Immobile , interdit , il s'obstine à se taire J épiais sa pâleur de cet œil pénétrant Dont ,e cherche un aveu sur le front d'un mourant l Je le presse ; il reprend d'une voix solennelle : ' « Si la cloche d'alarme à Saint-Marc vous appelle , « N y courez pas , adieu ! » Je le retiens alors : On 1 entoure à ma voix, on l'arrête ; je sors Quatre rameurs choisis sautent dans ma gondole Il y monte avec moi : je fais un signe : on vole ,' lit je 1 amené ici . pour qu'au chef de l'Etat Un aveu sans détour dénonce l'attentat.

Il n'a rien dit de plus ?

Archives de. la Ville de Bruxelles Archief vsn rfe Rf^H Rn.o^i

■•il II J ACTE IV, SCENE V. 91

LIONI

Mais il doit tout vous dire.

Je ne suis pas le seul contre qui Ton conspire. Si j'en crois mes soupçons , Venise est en danger : Qu'il s'explique , il le faut.

Je vais l'interroger.

// s'assied entre Bertram et Lioni qui est appuyé sur le dos de son fauteuil.

A Bertram.

Approchez : votre nom?

BERTRAM

Bertram.

LIONI, bas au Doge.

On le révère* On cite à Rialto sa piété sévère :

Parlez-lui du ciel.

A Lioni.

Oui. Bertram, regardez-moi.

BERTRAM

Seigneur. . .

lioni.

Lève les jeux.

JN'ayez aucun effroi.

LIONI

Si lu ne caches rien , ta grâce est assurée.

Je sauverai vos jours ; ma parole est sacrée , Vous savez à quel prix.

BERTRAM

Je le sais.

Descendez Au tond de votre cœur , Bertram , et répondez , Quand vous aurez senti si votre conscience Vous fait ou non la loi de rompre le silence

LIONI

Quels sont les intérêts dont tu vas disposer.

Et quels jours précieux vous pouvez exposer.

J'ai parlé ; mon devoir m'ordonnait de le faire.

, , LIONI

Achevé.

Et maintenant il vous force à vous taire . Si je vous comprends bien ?

BERTRAM

Il est vrai.

LIONI

Te défend de cacher un projet criminel.

n . I FALIERO.

te projet , quel est-il ?

BERTRAM

Je n'ai rien à répondre.

LIONI

Mais ton premier aveu suffit pour te confondre.

BERTRAM

Une voix m'avait dit : Sauve ton bienfaiteur.

T . . LIONI

Je suis donc menacé?

Lui seul ?

t « l e 2 1 « Quel est l'auteur ,

Le chef de ce complot ?

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