ACTE IV , SCENE Y1L. 9S
Ces longs ménagemens me semblaient superflus : Pour un patricien qu'aurait-il fait de plus ? Il interrogeait mal , point d'art , aucune étude! Mais a-t-il , comme nous , cette froide habitude De marcher droit au but, sans pitié, sans courroux, Et , si la mort d'un seul importe au bien de tous , De voir dans la torture , à nos yeux familière,
Le chemin le plus court qui mène à la lumière ?
C'est étrange : Bertram frémit en l'abordant,
Et ne veut à la fin que lui pour confident.
On eût dit qu'en secret leurs yeux d'intelligence....
Voilà de mes soupçons ! J'ai tort : de l'indulgence î
Par l'âge et les travaux le Doge est affaibli ;
Mais au dernier moment d'où vient qu'il a pâli?
Réfléchissons : j'arrive, et contre mon attente
Il est debout ; pourquoi? point d'affaire importante :
Quel soin l'occupait donc ? Mon aspect Va troublé :
Il s'est remis soudain , mais il avait tremblé.
Il nourrit contre nous une implacable haine.
S'il osait... Lui • jamais!... Chancelante, incertaine,
La duchesse en partant semblait craindre mes yeux.
Son effroi la ramène ; il faut l'observer mieux :
de lirai dans son cœur.