ACTE IV, SCENE IX
Du cacîiot de Bertram ce mot ne peut sortir : Renais à l'espérance.
ÉLENA.
Et comment la sentir ?
Mon cœur s'est épuisé dans cette angoisse affreuse 5 Plaignez-moi : je n'ai pas la force d'être heureuse.
Une heure encor d'attente !
ÉLÉNA.
Un Siècle de douleurs , Quand je crains pour vos jours!
Qu'ils tremblent pour les leurs !
Adieu.
ELÉNA.
Vous persistez ?
Mourir, ou qu'ils succombent!
ÉlÉna. '[bent!
Vous mourrez!... C'est sur vous que vos projets retom- Ma terreur me le dit. C'est Dieu, mon cœur le sent , C'est Dieu qui m'a parlé, la mort, la voix du sang. C'est Fernando /c'est lui dont le sort vous menace , Qui du doigt au cercueil m'a montré votre place. Voulez-vous me laisser seule entre deux tombeaux ? Grâce! J'ai tant pleuré ! ne comblez pas mes maux Cédez 5 vous n'irez pas ! non : grâce ! il faut me croire. Grâce pour moi, pour vous, pour soixante ans de gloire !
Mais ma gloire, c'est toi : ton époux, ton soutien Perdra-t-il son honneur en mourant pour le tien? Je ne venge que lui.
ÉLENA.
Que lui!
Pour le défendre Ma confiance en loi m'a fait tout entreprendre. Sur ton pieux respect , sur ta jeune raison , Si je me reposais avec moins d'abandon ; Pour lui faire un tourment de ma terreur jalouse , Avili par mon<>choix9 si jamais une épouse, Qui , chargée à regret du fardeau de mes ans , Pourrait à leurs dédains livrer mes cheveux blancs : Non , non , je n'irais pas , combattu par mes doutes , Affronter les périls que pour moi tu redoutes.
éléna.
Grand Dieu!
Je n'irais pas , follement irrité , Pour venger de son nom l'opprobre mérité, Pour elle , pour sa cause et ses jours méprisables , Ternir un siècle entier de jours irréprochables. jNon, courbé sous sa honte et cachant ma douleur , Je n'aurais accusé que moi de mon malheur.
Qu'avez-vous dit?
Mais toi , toi qu'ils ont soupçonnée, Digne appui du vieillard à qui tu t'es donnée , Modèle de vertu dans ce triste lien , Ange consolateur, mon orgueil, mon seul bien...
Éléna.
0 tourment!
Tu verrais , de ta vie exemplaire , L'outrage impunément devenir le salaire ! Ah ! je cours...
éléna.
Arrêter!
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