‹ Marino FalieroChapitre 67 sur 77 · FALIERO , ISRAËL · texte numérisé non relu

FALIERO , ISRAËL

ISRAËL. Il est assis.

Un plan si Lien conduit ! ô fortune cruelle , Attendre ce moment pour nous être infidèle ! Quand je voyais crouler leur pouvoir chancelant, Quand nous touchions au but... mais j'oublie en parlant Que mon Prince est debout.

FALIERO , à Israël, qui fait un effort pour se lever. Demeure : la souffrance Vient de briser ton corps sans lasser ta constance. Je voudrais par mes soins adoucir tes douleurs : Que puis-je ?

ISRAËL

Dans vos yeux je vois rouler des pleurs.

Je pleure un brave .

ISRAËL

Et moi , tandis qu'on délibère , Je fais àes vœux pour vous , qui me traitez en frère.

Comme autrefois.

ISRAËL

Toujours le frère du soldat , Consolant le blessé qui survit au combat.

Ces temps-là ne sont plus.

ISRAËL

Mais alors quelle joie , Quand nous fendions les mers pour saisir notre proie !

En maître sur les flots du golfe ensanglanté, Que mon Lion vainqueur voguait avec fierté ! Tu t'en souviens ?

ISRAËL

0 jours d'éternelle mémoire ! Que Venise était belle après une victoire!

Et nous ne mourrons pas sous notre pavillon.

ISRAËL

Misérable Bertram ! parler dans sa prison , Nous trahir, comme un lâche, à l'aspect des tortures! Comptez donc sur la foi de ces âmes si pures , Sur leur sainte ferveur! Et tremblant, indigné, Le tenant seul à seul vous l'avez épargné ?

.11 pleurait.

ISRAËL

D'un seul coup j'aurais séché ses larmes.

Peut-être.

ISRAËL

Dans mes bras , si j'eusse été sans armes .

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