ACTE V, SCENE I
J'aurais . en l'étouffant , voulu m'en délivrer : Mon général sait vaincre, et je sais conspirer.
Pourquoi tous tes amis n'ont-ils pas ton courage?
ISRAËL
Ils viennent de partir pour leur dernier voyage. . Strozzi vend nos secrets qu'on lui paie à prix d'or ; Il vivra. Mais , Pielro , je crois le voir encor : L'œil fier , d'une main sûre et sans reprendre haleine , Il vide , en votre honneur , sa coupe trois fois pleine , S'avance , et répétant son refrain familier : « Que saint Marc soit , dit-il , en aide au gondolier. » Il s'agenouille alors , il chante , et le fer tombe.
Nous le suivrons tous deux.
ISRAËL
Non : pour vous sur ma tombe Le soleil de Zara doit enc«r se lever.
Qu'espères-tu? jamais.
ISRAËL
Trop lâches pour braver Le peuple furieux rassemblé dans la place , De condamner leur père ils n'auront pas l'audace. Moi , pendant tout un jour qu'ont rempli ces débats , J'ai su me résigner ] que ferais-je ici-bas? Je n'ai point de famille et n'ai plus de patrie , Mais vous, votre Éléna , votre épouse chérie...
FALIERO , avec douleur.
Israël ! . . .
ISRAËL
Ah ! pardon ! ce nom doit vous troubler. Un marin tel que moi ne sait pas consoler ; Son bon cœur qui l'entraîne a besoin d'indulgence.
FAMERO , après lui avoir serré la main. Us reviennent.
ISRAËL , se relevant.
Debout j'entendrai ma sentence.