ACTE V, SCENE II
ISRAËL
Et , si je dénonçais les traîtres véritables , Périraient-ils ?
BENETFNDE.
Ce soir.
ISRAËL
Je vous dénonce tous.
Finissons : vos bourreaux m'ont lassé moins que vous. 17 retombe assis.
BENETINDE , à Faite ro.
Le Doge en sa faveur n'a-t-il plus rien à dire?
faliero.
Chef des Dix 5 quel que soit l'arrêt que tu vas lire , J'en appelle.
BENETINDE.
A qui donc?
A mon peuple ici-bas , Et dans le ciel à Dieu.
BENETINDE.
Que Dieu t'ouvre ses bras , C'est ton juge : après nous , tu n'en auras pas d'autre.
Son tribunal un jour me vengera du vôtre.
Montrant Sténo.
Ilie doit : parmi vous je vois un assassin.
BEKETINDE.
En vertu de sa charge admis dans notre sein , A siéger malgré lui Sténo dut se résoudre.
STÉNO
Doge, un seul vœu dans l'urne est tombé pour t'abfaliero. [soudre.
Lisez , j'attends.
BENETINDE , d'une voix émue.
Puisse- je étouffer la pitié Oue réveille en mon cœur une ancienne amitié ï
A Faliero.
« Toi, noble, ambassadeur, général de Venise, « Et gouverneur de Rhode à tes armes soumise , « Duc de Vald-Marino, prince, chef du Sénat, « Toi Doge , convaincu d'avoir trahi TÉtat. . . »
Passant la sentence à Lioni.
Achevez, je ne puis.
LIONI
« Tu mourras comme traître.
« Maudit sera le jour où tu fus notre maître. c< Tes palais et tes fiefs grossiront le trésor * « Ton nom disparaîtra , rayé du iivre d'or. « Tu mourras où ton front ceignit le diadème • « L'escalier des Céans , à ton heure suprême , « Verra le criminel , par ses pairs condamné , « Périr où le héros fut par eux couronné.
Montrant les portraits des Doges.
« Entre nos souverains , contre l'antique usage, « Tu ne revivras pas dans ta royale image. « A la place où ton peuple aurait du te revoir, « Le tableau sera vide , et sur le voile noir « Dont la main des bourreaux recouvre leurs victimes, « On y lira ces mots : Mis à mort pour ses crimes î »
Bords sacrés , ciel natal , palais que j'élevai , Flots rougis de mon sang , où mon bras a sauvé Ces fiers patriciens qui , sans moi , dans les chaînes Rameraient aujourd'hui sur les flottes de Gênes, De ma voix qui s'éteint recueillez les accens ! Si je fus criminel, sont-ils donc innocens ? Je ne les maudis pas : Dieu lui seul peut maudire. Mais voici les destins que je dois leur prédire : Faites pour quelques uns , les lois sont des fléaux ;
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