‹ Marino FalieroChapitre 71 sur 77 · ACTE V, SCENE II · texte numérisé non relu

ACTE V, SCENE II

Point d'appuis dans un peuple où Ton n'a point d'égaux.

Seuls héritiers par vous des libertés publiques ,

Vos fils succomberont sous vos lois despotiques.

Esclaves éternels de tous les conquérans ;

Os tyrans détrônés flatteront des tyrans.

Leurs trésors passeront , et les vices du père

Aux vices des enfans légueront la misère.

INobles déshonorés, un jour on les verra,

Pour quelques pièces d'or qu'un juif leur jettera,

Prostituer leur titre , et vendre les décombres

De ces palais déserts où dormiront vos ombres.

D'un peuple sans vigueur mère sans dignité ,

Stérile en citoyens dans sa fécondité ,

Lorsque Venise enfin de débauche affaiblie ,

Ivre de sang royal , opprimée , avilie ,

Morte , n'offrira plus que deuil , que désespoir,

Qu'opprobre aux étrangers , étonnés de la voir ;

En sondant ses cachots , en comptant ses victimes ,

Ils diront : Elle aussi, mise à mort pour ses crimes î

BENETIKDE.

Par respect pour ton rang nous t'avons écouté , Et tant que tu vivras tu seras respecté. Tu nous braves encor : le peuple le rassure 3 Mais autour du palais vainement il murmure. N'attends rien que de nous : d'une part de tes biens Tu pourras disposer pour ta veuve et les tiens. Dis-nous quels sont tes vœux j car ton heure est pro- Parle. [chaine;

faliero.

Laissez-moi seul.

BEJNETINDE 5 montrant Israël.

Qu'au supplice on l'entraîne.

ISRAËL. Il s'avance et tombe à genoux devant h Doge.

Soldat , je veux mourir béni par cette main

Qui de l'honneur jadis m'a montré le chemin.

A revoir dans le ciel , mon vieux compagnon d'armes ! Jusqu a ton dernier jour, toi qui fus sans alarme, , oois sans remords !

// le relève.

Avant de subir ton arrêt

Embrasse ton ami...

ISRAËL

Mon prince daignerait...

Titre vain! entre nous il n'est plus de distance : Quand la mort est si près l'égalité commence.

Israël se jette dans les bras du Doge. BENETINDE , aux soldats qui entourent Israël. Allez !

Aux membres de la Junte.

Retirons-nous.

Page 1