‹ Marino FalieroChapitre 8 sur 77 · SCÈNE III · texte numérisé non relu

SCÈNE III

Les précédées ; FALIERO.

FALIERO ? absorbé dans sa rêverie.

Tous mes droits envahis! mon pouvoir méprisé! Que n'ai-je pas souffert , que n'ont-ils point osé? Mais après tant d'affronts dévorés sans murmure , Cette dernière insulte a comblé la mesure.

ÉlÉNA.

Qu'entends-je ?

FERNANDO

Que dit-il ?

FALIERO . les apercevant.

Chère Éléna , pardon !

Fernando 5 mes enfans , dans quel triste abandon

A Fernando.

Je languirais sans vous!... Tu nous restes , j'espère?

FERNANDO

Mais Yotre Altesse oublie . . .

Appelle-moi ton père ?

Ton ami.

Que l'Etat dispose de mon bras ; Qui peut prévoir mon sort?

Qui? moi. Tu reviendras.

La mort, plus qu'on ne pense, épargne le courage.

Regarde-moi i j'ai vu plus d'un jour de carnage : Sous le fanal de Gêne et les murs des Pisans , Plus d'un jour de victoire , et j'ai quatre-vingts ans. lu reviendras. Ce sceptre envié du vulgaire, Moissonne, Fernando, plus de rois que la guerre.

É FERNANDO

cariez vos ennuis!

Pour en guérir , j'attends

te terme de ma vie , attendu trop long-temps.

Tu portes sans te plaindre une part de ma chaîne,'

Pauvre Eléna j je crus mon heure plus prochaine /

Lorsqu'à mon vieil ami je demandai ta main.

C'est un jour à passer, me disais-je, et demain

Je lui laisse mon nom , de l'opulence , un titre ;

Mais un pouvoir plus grand de nos vœux est l'arbitre.

La faute en est à lui l

r ., T Quil prolonge vos jours ,

Comme il les a sauvés ! '

Sans toi , sans ton secours , Je succombais naguère , et t'aurais affranchie. Cunme elle se courbait sous ma tète blanchie !

( A Fernando.) Ah! si tu l'avais vue! ange compatissant, Pour rajeunir le mien elle eût donné son sang!

v ^ FERNANDO.

Nous l'aurions fait "tous deux.

ELENA

Nous le devions.

, Je pense

Vu avant peu mes enfans auront leur récompense.

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