SCENE XVII
LE MARQUIS, Mlle DESOEILLETS, GERVA1S.
M,le desoeillets, à Geivais. Ferme les portes. (Revenant.) Elle est perdue!
LE MARQLTS, redescendant vivement. Vous le voyez, les m o mens sont précieux.
M,le desoeillets, frayée. Monsieur!., que dites-vous ?
le marquis. Qu'elle se fie à moi... nous la sauverons.
Mlle desoeillets. Mais...
le marquis. Ne pensez pas me tromper , moi!., et que craignez-vous?., je l'aime.
M,le desoeillets. Oui, oui, je vous crois, et c'est très-bien... (à Ge ro a is) V ite, à ton poste... et préviens-nous.
(Elle va à la petite porte et frappe doucement.)
GERYAIS. Oui, mamzelle... le signal.
(Il sort.)
SCE^E XYIII.
M»e DESOEILLETS, MARION, LE MARQUIS.
MUe desoeillets. Marion ! Marion!
(La porte s'ouvre.)
MARioN, sortant. Me voici !
le marquis. C'est elle! ah! mon cœur me le disait bien.
MARION, apercevant le marquis. Ciel !
(Elle veut rentrer.)
LE MARQUIS, lui prenant la main. Ah!
je vous tiens ; vous ne m'échapperez plus.. vous n'êtes pas une ombre.
m"° desoeillets. Ne crains rien, il est des nôtres, et amoureux, par-dessus le marché.
makion. Vrai ! je ne demande pas mieux. (Ecoutant.) Chut! j'ai cru entendre...
M11'' DESOEILLETS. Non, rien; mais tu t'es perdue, et Dubaiail furieux est allé prévenir ses pourpoints noirs, gibier de Satan.
MARION. Pas possihh- !.. mais alors, partons, partons; la voiture doit nous attendre.
le MARQUIS, à la fenêtre. N'y comptez plus, il s'en empare.
■arion. Ah! mon Dieu! comment nous rendre aux Carmélites?
MARION CAHMKLITE.
LE marquis. Vous y pensez encore !..
est-ce que vous avez toujours de la vocation ?
maiuon. Oh ! beaucoup moins ; ça baisse, ça baisse ; votre amour m'a porté à la tète et au cœur. Ah ! j'ai bien envie de me venger d'eux tous à mon ancienne manière... et à la barbe du cardinal.
desoeillets. Ce serait plus gai.
LE marquis. Oui, vengez-vous ; partez avec moi pour l'Angleterre.
marion. Ma foi ! l'Angleterre avec vous, la Bastille avec Dubarail , ou le couvent toute seule... va pour l'Angleterre.
le marquis. \ rai ?
Mlle desoeillets. Bien! mais si l'on l'Arrête?
marion. Maudite lettre de cachet!
LE marquis. Eh! mais attendez donc!
cette lettre de cachet, il l'a donnée au comte de Gerdy, en échange d'un certain billet d'amour...
marion. Ah! oui, j'ai entendu... mon billet au porteur, dans les mains de ce Dubaraii.
LE marquis. Soyez tranquille... je cours les rejoindre, le comte et lui... il faudra bien qu'ils me remettent et cette lettre et ce billet... ou je les tuerai tous les deux!
Mlle desoeillets. Tovis les deux!
MARION, le retenant. C'est qu'il est toutà-fait aimable. {On entend les troiscoups.) Le signal !
Mllc desoeillets, écoutant. Chut ! c'est de Gerdy.
le marquis. Ah! je vais...
MARION , qui est près de la table. Non , restez. {Elle souffle la bougie.) Et taisezvous.
(Elle retient le marquis. Mlle Desœillets se tient du côté opposé ; et, au même moment, Gerdy parait au fond. Il l'ait nuit.)
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