SCENE XIX
Les Mêmes, GERDY.
GERDY. Eh ! mais, il me semblait avoir vu de la lumière. {Marion tousse doucement^) Ah! il y a quelqu'un ici.
MARION. On n'entre pas.
GERDY. Marion! c'est toi.
MARION. Comte, sortez, sortez!
GERDT. Non, non ; oh ! je n'ai plus peur, et je ne suis pas fâché de m'assurer par moi-même que tu n'es pas un fantôme.
MARION. Non pas pour vous, sans doute,
♦ Mlu Desoeillets, Gerdy, le marquis, Marion.
car je voulais vous mettre dans ma confidence... mais vos amis.
GERDY, riant, et approchant, toujours. Soi? tranquille ; ils n'osent pas approcher d'ici, ils voient des spectres partout... el tous venons de jeter ton héritier ivre-mort, au milieu des apprêta funèbres... ah! ah!
MARION, riant. Ah ! ah ! ah !
(M"c Pficillrill ttutifle un éclat de rire.)
GERDY, prenant la main du marquis, 'l'a main ! ah ! je la tiens.
m\rion. Laissez-moi.
I Le marquis relire sa main et passe à la gauche de Marion.)
GERDY. Quel tour tu nous as joué, friponne!.. Te faire passer pour morte..! au risque de me faire mourir de chagrin.
MARION. Ah ! fi ! vous sentez le vin de Champagne.
GERDY. C'était pour m'étouidir... la main, ta jolie main, que je la baise mille fois.
MARION, lui donnant la main du marnais. Me traiter ainsi . moi ! qui vous avais écrit un si joli billet. Tenez , monsieur , c'est plus que vous ne méritez
GERDY , allant pour embrasser la main qu'il tient. Mais comme tu t'es vengée.'.. quel air de mépris ! ah! tu me pinces. (Le marquis retire sa main.)
MARION. Et ce billet, qu'en avez- vous fait? vous l'avez remis à un fat, à un misérable !
gerdy. Que diable veux-tu ? je ne croyais plus au paiement , et j'ai eu en échange une lettre de cachet en blanc, pour faire rejeter dans son couvent le premier chartreux qui eu voudrait à ma liberté, que je veux garder pour toi.
marion. Une lettre de cachet?., je n'y crois pas.
GERDY. Ma parole d'honneur !
marion . Si j 'en étais sûre !
GERDY. La voilà... ( Elle le. prend. ) Et comme entre nous, tu ne tiens pas à avoir l'autre billet pourt'acquitter...
MARION, tendant la main au marquis. Si fait!
(Le marquis met un genou à terre, et baise la main de Marion.)
GERDY', voulant la prendre dans ses bras. Oh! Marion, vas-tu faire la cruelle pour la première fois de la vie!.. Allons, aie pitié de moi, j'embrasse tes genoux.
( 11 tombe h ses pieds ; Marion se retire; la porte du fond s'ouTre, et la lumière paraît.)
Lh MAGASIN THEATRAL.