SCENE XX
Les Mêmes , DUBARAIL , GERYAIS ,
portant de la lumière , les jeunes Seigneurs" L'N EXEMPT */ «wii/ï* FLO- RENTIN *'.
dubarail, tenant Gerva/'s par le collet. Ali I drôle ! tu fais le pied de grue?
(De Gcrdy se voit a genoux devant le marquis, qui part d'un grand éclat de rire, ainsi que Marion et M11' Dcsœillets.) GERDY, regardant autour de lui. Hein?
quoi ? qu'est-ce que cela signifie ?
(Le marquis se relève.) DUBARAIL, à Gerdy. Qu'est-ce que vous faites là, mon cher?
(Gerdy se lève furieux.)
Mlle DESOEILLETS , riant. Il baisait la main de monsieur... ah ! ah ! ah !
MARION , au fond. Entrez , messieurs, entrez.
tous. C'est elle !
marion. Oui., c'est moi.
Air : Qui n'a pas vu, etc.
Vers le plaisir je reprends mon essor ! De mes pèches jetais triste et contrite, Et me voilà prête à pécher encor!
Pour vous, ingrats, Marion ressuscite; Un feu nouveau vient de me ranimer ; Dieu que j'aimais, toujours tendre et volage , Pardonne au cœur qui se laisse enflammer ; Ah! n'est-ce pas l'honorer... que d'aimer Ce qu'il a rat à son image?..
dubarail, /( Gerdi. Ma lettre de cachet! vite!
FLORENTIN, dans la coulisse. Ah! mon Dieu ! au secours! laissez-moi.
tous. Qu'est-ce donc ?
FLORENTIN, entrant, pâle, défait et épouvanté. Sauvez-moi ! au secours!
m"" desoeillets. Qu'avez-vous ?
florentin **. Ali ! c'est vous tous ! défendez-moi... Si vous saviez... j'étais tombé en défaillance... de peur... et on m'avait jeté au milieu des. . . Quand le cortège a voulu partir... personne... et en l'absence de l'autre... de Marion... on me lirait déjà par les pieds.
TOUS, riant. Ah! ah ! ah !
florentin. Oui, riez... si je ne m'étais pas réveillé en sursaut, ils allaient m'enlerrer à la place de. . .
mxrion, qui a écrit pendant ce temps-là, lui frappant sur V épaule. On n'enterrera personne.
FLORENTIN , la regardant, et poussant un grand cri. Ah! (Fuyant à l'extrémité du théâtre à gauche.) Ma coti... cousine !
* M"' Desoeillels, Gerdv, Marion; le marquis, DubaraiL
* M"e Dcsœillets, Gcrdy, Florentin, le marquis, Marion, Dubarail.
MARION, tenant le milieu du théâtre. Je vous fais mes adieux à tous... avant de partir.
dubarail. Pour la Bastille.
l'exempt, à Dubarail. La voiture est prête.
MARION, à Dubarail. Merci de l'attention. (A l'exempt.) Monsieur l'exempt, voici une lettre de cachet , signée Richelieu ; tenez , vous connaissez la griffe... (à part) du diable! {Haut.) Exécutez l'ordre qu'il vous donne de reconduire à l'instant, à son couvent , frère Adrien, comte de Gerdy.
gerdy , riant. Qui ? moi ! aux Chartreux? quelle folie!
MARION, gaîment. Je t'en ai fait sortir , il est juste que je t'y renvoie.
gerdy. Non, permettez... grâce au billet que Dubarail va me rendre ..
(Dubarail tient le billet.)
MARION, effrayée. Mon billet! ah!
LE MARQUIS. Non, il va le déchirer.
DUBARAIL. Permettez, il ne s'agit pas...
LE MARQUIS, avec fermeté. Vous allez le déchirer... et à ce prix, j'obtiendrai votre grâce.
DUBARAIL, souriant. Ma grâce!
LEMARQUIS, à demi-voix . Oui, du cardi« nal, qui pourrait bien punir, à ma recommandation , un agent maladroit et indiscret.
DUBARAIL, changeant de ton. Monsieur, monsieur... mais qui ètes-vous donc, enfin?
LE MARQUIS, donnant la main à Marion.
Henri d'ElTiat, marquis de Cinq-Mars.
(Dubarail, sans mot dire, déchire le billet.)
MARION. Un marquis! c'est égal, je l'aurais aimé sans ça.