‹ Marion carméliteChapitre 5 sur 23 · LE MARQUIS · texte numérisé non relu

LE MARQUIS

C'est faux !

FLORB!<TIN.

C'est vrai... quel homme horrible !

GERDT tt DUBARAIL, Us séparant.

Monsieur !

FLORENTIN

Rctenez-Ic toujours.

le marquis, retournant à droite.

Un malheur aussi déplorable ! . . .

FLORENTIN

Beau motif pour tous les gens; On peut pleurer les morts, que diable ! Mais sans étrangler les vivans.

M11' DESOEILLETS, vivement elavec agitalion. Oui, monsieur a raison... c'est faux... c'est impossible... et cette lettre... cette lettre qu'elle m'écrivait hier !..

florentin. C'est hier même à deux heures...

Mlle desoeillets. A deux heures!..

le marquis. Oh! mon Dieu!., ah!

partons !

(Ilsort dans le plus grands trouble. Ils remontent tous la scène.)

FLORENTIN , à la fenêtre. Tenez, voyezvous là-bas dans cette allée, tous les gens du village qui s'avancent chapeau bas, l'air consterné?...

GERDY. En effet...

florentin. Et plus loin, sur la route, cette voiture...

GERDY. C'est la livrée du marquis de Praslin !

florentin. Et cette autre?. .

dubarail. Celle de Vaudreuil; et puis le duc de Saint-Aignan... et Brienne... tous les amis de Marion-de-Lorme.

florentin. Pauvre et honnête fille !..

ses amis!., elle en avait beaucoup... elle en avait énormément... ils apportent le tribut de leur douleur..

(Ils redescendent.) GERDY, stupéfait. Eh bien ! mon cher Dubarail?

dubarail. Eh bien! mon cher comte?

Mlle desoeillets. Ah ! je suis si saisie, si troublée ! . .

GERDY. Du courage!

dubarail. Qui sait?., ça lui épargne

bien des chagrins peut-être... le cardinal,

instruit de je ne sais quel complot, avait

juré que Marion finirait ses jours à la

* florentin , Dubarail, Gcrdy, M"« Dcsceiltets' assise dans un fauteuil.

Bastille, et je n'avais qu'à mettre son nom sur cette lettre de cachet en blanc. .. mais je vais prévenir les exempts ..

FLORENTIN. Et moi, je vais remplir mes devoirs de maître de maison... mon diner m'attend... je mange beaucoup.

DL'BARAIL. Ça distrait...

FOLRENTIN. J'ai déjeuné deux fois...

GERDY. Allons, ma pauvre Desœillets. .

uous sommes tous mortels ! . . j e le sens pré de toi... et ce soir, si tu veux, nous parti rons ensemble ! . .

Air de la Dugazon.

Puisque le ciel nous l'a ravie , Rappelons-nous, pour l'honorer, Les nombreux bienfaits de sa vie C'est ainsi qu'il faut la pleurer.

Crois bien qu'une douleur profonde, Là haut ne peut la réjouir...

Et qu'en s'aimant dans ec bas monde, Dans l'autre on lui fera plaisir.

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