SCENE IV
Les Mêmes, FLORENTIN*.
FLORENTIN, en dehors. Dans ce salon...
c'est bien, mes valets... {entrant) je m*y transporte.
(Ils se séparent vivement.)
GERDY. Que nous veut cette figure pâle?
DUBARAIL. Il paraît que c'est l'uniforme de la maison.
FLORENTIN, un mouchoir hlanc a la main. Deux personnes... trois personnes... quatre personnes... [Saluant Diibarail.) Monsieur...
dubarail. Monsieur...
FLORENTIN, saluant le marquis et Gerrly. Messieurs...
(Le marquis et Gerdy le saluent ; Dubirnil se détourne pour rire.)
gerdy, à part. Le diable m'emporte!., j'ai peur que ce soit un chartreux qui me coure après !
florentin, saluant MUk Desœil/eis. Madame...
MUe DESOEILLETS, parlant d'un éclat de rire. Ah! ah! ah!
FLORENTIN, interdit. Quel oubli de toutes les convenances !.. fi donc!..
DUBARAIL, riant, à part. C'est quelque fils de traitant que jMarion a plume*.
florentin, changeant de ton. Ces messieurs ont sans doute reçu leurs lettres, et
* Daberail, Mllr D^sœilMs, Florentin, Gerdy , le marquis.
viennent assister à la triste cérémonie ?(Les trois personnages gardent le silence et se regardent; Florentin recommence.} Ces messieurs ont sans doute reçu leurs lettres, et...
GERDY. Eh quoi!., quelles lettres?., quelle cérémonie?
florentin, étonné. Comment!., quelles lettres ?.. celles qui vous invitent à la cérémonie...
DUBARAIL. Mais quelle cérémonie?
florentin. Celle à laquelle les lettres...
gerdy, éclatant. Ah ça! morbleu, monsieur, est-ce que vous auriez l'intention?..
florentin, vivement. Pas du tout, monsieur, je n'ai jamais cette intention-là... mais je me permets d'être extrêmement surpris... de votre surprise... est-ce que vous ne venez pas de Paris?
DUBARAIL. Eh! non , j'arrive de Tarascon.
Mlle desoeillets. Moi, de Saint-Germain.
gerdy. Moi, du couvent.
le marquis. Moi, du camp.
durarail. a part. Ah ! il parle.
GERDY, à Florentin. Ah ça ! monsieur, et vous?. . d'où vous êtes-vous échappé ?
florentin. De Bagnolet, où je suis...
où j'étais petit commis dans les aides et gabelles... quand j'ai reçu cette nouvelle affreuse !
tous. Quelle nouvelle?
florentin. Ah! messieurs, puisse-t-elle vous porter un coup moins cruel qu'à moi!.. Yous voyez l'homme le plus malheureux des enviions de Paris!., j'hérite de cette maison élégante... de l'autre... du mobilier, des chevaux, des valets, des diamans, des espèces... et puisdu reste.. . et puis de tout!., absolument tout !.. ah! j'en mourrai de douleur !.. il y a des droits énormes a payer !..
GERDY, le secouant par le bras. Mais enfin, monsieur, vous expliquerez- vous?
DUBARAIL, le secouant par l'autre brus.
Qui êtes-vous donc?
florentin. Qui je suis !.. hélas !...
Florentin-Médéric Delorme de Bagnolet , son seul et unique héritier.
GERDY, efjrayé. Héritier!., de qui?
florentin. Eh bien ! d'elle... infortunée Marion !
Mlle desoeillets. Ah ! grand Dieu !
gerdy. Marion Delorme!..
(Le marquis est hors de lui.)
florentin. Elle n'est plus !
DUBARAIL Ct Mlle DESOEILLETS. Ciel !
gerdy. 11 se pourrait!
MAIllON CAllMKLITF..
LE MARQUIS, courant à lui. Marion ! c'est faux ! 'Prenant virement Florentin à la gorge.) Dis, avoue... c'est faux, n'est-ce DM?
FLORENTIN, se débattant. Mais si fait!