‹ Marion de Lorme. Le roi s'amuse. Lucrèce BorgiaChapitre 115 sur 305 · SCENE VI. — Lks Mêmes, le Conseiller, le Bourreau, Peuple, Soldats · texte numérisé non relu

SCENE VI. — Lks Mêmes, le Conseiller, le Bourreau, Peuple, Soldats

SAVERNY, à quelqu’un dans la foule.

Monsieur, rangez-vous donc, pour que cet enfant voie!

A Laffemas.

Bonjour, monsieur.

A un bateleur qui porte un singe sur son dos.

Dis-donc, toi! lequel de vous deux Fait voir l’autre?

DIDIER

Marchons !

MARION

Et nul n’a pitié d’eux!

A Laffemas.

Ah ! votre tragédie arrive à bonne fin.

L’auteur est-il content?

MARION

Plus d’espérance enfin!

LAFFEMAS, bas à Marion.

Il faut dans un moment que le cardinal passe. Il sera temps encor de demander leur grâce.

DIDIER, à Saverny.

Mon frère, c’est pour moi que vous faites ce pas. Embrassons-nous.

Il embrasse Saverny.

MARION, courant à lui.

Et moi?

DIDIER, montrant à Laffemas Marion qu’il repousse.

Vous ne l’embrassez pas,

Monsieur?

Il embrasse de nouveau Saverny.

MARION, revenant à lui.

Et moi, Didier?

DIDIER, montrant Saverny.

C’est mon ami, madame.

MARION, joignant les mains.

Oh! que vous m’accablez durement, pauvre femme Qui, sans cesse aux genoux ou du juge ou du roi, Demande grâce à tous pour vous, à vous pour moi!

Neuf heures sonnent lentement. Didier fait signe à tous de se taire. Profond silence.

DIDIER, au peuple, après les neuf coups.

Vous qui venez ici pour voir notre visage,

Vous tous ici présents', rendez-nous témoignage,

Vous qui venez ici pour nous voir au passage,

THEATRE. — II. 12

Imprimerie nationale.

Si l’on parle de nous, que c’est avec courage,

Si l'on parle de nous, rendez-nous témoignage Sans trembler ni pâlir, que nous avons compté Que tous deux, sans pâlir, nous avons écouté Cette heure qui pour nous sonnait l’éternité !

On voit que dans cette première version Didier ne pardonnait pas à Marion. Victor Hugo a biffé ces quatre derniers vers et ajouté deux feuillets non chiffrés et datés 28 mai 18)1, donnant la version définitive.

Dans ces deux feuillets quelques variantes :

DIDIER

J’aurais mille pensées

Que je ne dirais pas, sur les choses passées.

J’aurais l’air d’épier, de douter, de souffrir,

Tu serais malheureuse! Oh! laisse-moi mourir!

Ces deux derniers vers se présentent ainsi dans le manuscrit :

Oh! laisse-moi mourir!

Il fait signe aux soldats de marcher et cherche à s’éloigner.

MARION, aux gardes.

S’il fait encore un pas.

Par pitié, dites-lui que vous ne voulez pas!

Après les deux feuillets de 1831 , les quatre vers :

Vous qui venez ici pour nous voir au passage. . .

ont été recopiés pour s’enchaîner avec la fin.

Trois surcharges à la date finale :

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