‹ Marion de Lorme. Le roi s'amuse. Lucrèce BorgiaChapitre 162 sur 305 · ACTE II · texte numérisé non relu

ACTE II

SALTABAD1L.

DAME BERARDE, bas, et descendant précipitamment la terrasse.

J’entends quelqu’un dehors.

BLANCHE, effrayée.

C’est mon père peut-être!

Partez, monsieur!

DAME BERARDE, au roi.

LE ROI

Que n’ai-je entre mes mains le traître Qui me dérange ainsi !

Par la porte du quai.

BLANCHE, à dame Bérarde.

Fais-le vite passer

LE ROI, à Blanche.

Quoi ! déjà te laisser !

M’aimeras-tu demain?

BLANCHE

Et vous?

Ma vie entière !

BLANCHE

Ah! vous me tromperez, car je trompe mon père!

LE ROI

Jamais! — Un seul baiser, Blanche, sur tes beaux yeux.

DAME BÉRARDE, à part.

Mais c’est un embrasseur tout à fait furieux !

Non, non !

BLANCHE, faisant quelque résistance.

Le roi l’embrasse, et rentre avec dame Bérarde dans la maison.

Blanche reste quelque temps les yeux fixés sur la porte par oh il est sorti, puis elle rentre elle-même. Pendant ce temps-là, la rue se peuple de gentilshommes armés, couverts de manteaux et masqués. M. de Gordes, MM. de Cossé, de Montchenu, de Brion et de Montmorency, Clément Marot, rejoignent successivement M. de Pienne et M. de Pardaillan. La nuit est très noire. La lanterne sourde de ces messieurs est bouchée. Ils se font entre eux des signes de reconnaissance, et se montrent la maison de Blanche. Un valet les suit portant une échelle.

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