SCÈNE III. — M. de Cordes, M. de Pardaillan, etc
Au milieu de cette scène un feuillet, en partie inédit, nous révèle un changement dans le caractère de François I", changement qui aurait probablement amené cet autre titre : Le roi s ennuie.
O Les vers ou variantes en italiques sont biffés dans le manuscrit.
LE MANUSCRIT DU ROI S’AMUSE. 385
Nous avons retrouve dans un amas de notes un bout de papier contenant ces quelques lignes :
COMÉDIE
Le prince s’ennuie — ses favoris cherchent un plaisir. — Tous sont épuisés. Une idée tombe dans la tête de Corcova — bouffonne, plaisante, délicieuse partie de plaisir. — Le tout se termine au terrible.
Rapprochons de ce plan embryonnaire le feuillet suivant, numéroté 25 dans le manuscrit :
PARDAILLAN
Vous savez sûrement Qu’il paraît que le roi s’ennuie horriblement?
MAROT
Ou en parle.
Chacun en parle.
PARDAILLAN
Il eSl trille et sauvage.
Il bâille, il rit moins, il soupire.
Il est très souvent seul et l’on ne sait que dire.
La fête de ce soir ne l’a pas amusé.
C’efl l’amour ou l’ennui go R des. Il s’ennuie en un mot.
COSSE. C’est terrible! il s’ennuie.
MAROT, bas à M. de Gordes.
Hum! Monsieur de Cossé!
COSSE, s’approchant.
va
Je ne sais ou l'ennui , messieurs, peut le conduite.
MAROT, le contrefaisant. Un pui fiant ennuyé ne peut réver qu’à nuire.
COSSE. Il efl bien des sujets de craindre là dedans.
MAROT, D une bouche pii bâille on voit toutes les dents.
M. Je Coflé pajle outre.
PARDAILLAN, bas.
Il tremble que le roi, que le loisir enflamme.
Ne se jette d’ennui sur madame sa femme.
(I) Pour respecter la physionomie du manuscrit et en donner les variantes, nous met-
theatre. — 11.
tons, par exception, l’indication du personnage en marge.
IMl'ltlftlEniE NATIONALE.
GORDES, au duc de Pienne qui survient.
Hé, voilà ce cher duc! Que sais-tu de nouveau?
Nous retrouverons plus loin quelques variantes à l’appui de cette particularité.
Au verso du feuillet 26, cette mention : ajouter 28 aux chiffres suivants.
Victor Hugo faisait allusion à l’addition des vers au bas de chaque page.
Toujours dans la même scène, des surcharges ou des variantes confirment ce que nous avons dit plus haut; bien que publiée en grande partie nous reproduisons cette page avec ses variantes :
M. DE VIC
Ce que je sais d’abord, s’amuser
C’est que sa majesté paraît s’ennuyer fort.
M. DE COSSE, avec un soupir.
Ah! ne m’en parlez pas!
M. DE VIC
moi j que j’apprécie
Mais, que je me soucie
Quelle forme l’ennui donne a
De quel côté le vent pousse sa fantaisie.
M. DE COSSÉ, hochant la tête.
Un roi fait payer cher h tous l’ennui qu'il a.
Un roi, — les vieux seigneurs, messieurs, savent cela, — Un plus vieux courtisan que vous saurait cela.
Prend toujours chez quelqu’un tout le plaisir qu’il a.
Je ne sais où l’ennui, mejlleurs, va le conduire.
Gare à quiconque a sœur, femme ou fille à séduire!