ACTE II. — LA RENCONTRE
Que m’importe?
DIDIER
SAVERNY, froidement.
Voici mes deux témoins. Le comte De Gassé; l’on n’a rien à dire sur son compte;
Et monsieur de Villac, qui tient à la maison La Feuillade, dont est le marquis d’Aubusson. Maintenant êtes-vous noble homme ?
DIDIER
Que t’importe r
Je ne suis qu’un enfant trouvé sur une porte,
Et je n’ai pas de nom. Mais, cela suffit bien,
J’ai du sang à répandre en échange du tien!
SAVERNY
Non pas, monsieur, cela ne peut suffire, en somme; Mais un enfant trouvé de droit est gentilhomme, Attendu qu’il peut l’être; et que c’est plus grand mal, Dégrader un seigneur qu’anoblir un vassal.
Je vous rendrai raison. — Votre heure?
DIDIER
Tout de suite.
Soit. — Vous n’usurpez pas la qualité susdite?...
DIDIER
Une épée!
SAVERNY
Il n’a pas d’épée ! Ah ! pasquedieu !
C’est mal. On vous prendrait pour quelqu’un de bas lieu.
Offrant sa propre épée à Didier.
La voulez- vous? Elle est fidèle et bien trempée.
L’Angely se lève, tire son épée et la présente à Didier.
L’ANGELY
Pour faire une folie, ami, prenez l’épée D’un fou. — Vous êtes brave, et lui ferez honneur. Ricanant.
En échange, écoutez, pour me porter bonheur Vous me laisserez prendre un bout de votre corde.
Soit.
DIDIER, prenant l’épée, amèrement.
Au marquis.
Maintenant Dieu fasse aux bons miséricorde !
BRICHANTEAU, sautant de joie.
Un bon duel! c’est charmant!
SAVERNY, a Didier.
Mais où nous mettre?
Ce réverbère.
DIDIER