‹ Marion de Lorme. Le roi s'amuse. Lucrèce BorgiaChapitre 27 sur 305 · ACTE II. — LA RENCONTRE · texte numérisé non relu

ACTE II. — LA RENCONTRE

L’ANGELY lui prend la main et la mène en silence devant l’écriteau.

Lisez.

MARION. Elle lit et recule avec horreur.

Dieu! juste Dieu! la mort! Ils me l’ont pris!

Ils le tueront! C’est moi qui le perds par mes cris!

J’appelais au secours, mais à mes cris funèbres La mort venait, hâtant ses pas dans les ténèbres!

— C’est impossible! — Un duel! est-ce un si grand forfait? A L’Angely.

N’est-ce pas qu’on ne peut le condamner?

L’ANGELY

MARION

Mais il peut s’échapper.

L’ANGELY

Si fait.

Les murailles sont hautes !

MARION

Ah! c’est moi qui lui fais un crime avec mes fautes!

Dieu le frappe pour moi. — Mon Didier! —

A L’Angely.

Savez-vous

Que c’est lui pour qui rien ne m’eût semblé trop doux?

Dieu ! les cachots ! la mort ! Peut-être la torture !...

L’ANGELY

Peut-être. — Si l’on veut.

MARION

Mais je puis d’aventure Voir le roi? Le roi porte un cœur vraiment royal,

Il fait grâce?

L’ANGELY

Oui, le roi. Mais non le cardinal.

MARION, égarée.

Mais qu’en ferez-vous donc?

L’ANGELY

L’affaire est capitale.

Il faut qu’il roule au bas de la pente fatale.

THEATRE. II. 4

IMPRIMERIE NATIONALE

C’est horrible !

MARION

A L’Angely.

Monsieur, vous me glacez d’effroi !

Et qui donc êtes- vous?

L’ANGELY

Je suis bouffon du roi.

MARION

O mon Didier! je suis indigne, vile, infâme.

Mais ce que Dieu peut faire avec des mains de femme, Je te le montrerai. Je te suis!

Elle sort du côté par où est sorti Didier L’ANGELY, resté seul.

Dieu sait où !

Ramassant son épée laissée à terre par Didier.

Çà, qui dirait qu’ici c’est moi qui suis le fou?

Il sort

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