ACTE III. — IVRES MORTS
assassinat! Un homme tuer une femme! un homme qui est le plus fort! Oh! tu ne voudras pas! tu ne voudras pas!
Madame. . .
GENNARO, ébranlé.
DONA LUCREZIA
Oh ! je le vois bien , moi pleurer à tes pieds!
j’ai ma grâce! Cela se lit dans tes yeux. Oh! laisse-
UNE VOIX, au dehors.
Gennaro !
Qui m’appelle ?
LA VOIX
Mon frère Gennaro!
GENNARO
C’est Maffio!
LA VOIX
Gennaro! Je meurs! Venge-moi!
GENNARO, relevant le couteau.
C’est dit. Je n’écoute plus rien. Vous l’entendez, madame, il faut mourir
DONA LUCREZIA, se débattant et lui retenant le bras.
Grâce! grâce! Encore un mot!
Non !
GENNARO
DONA LUCREZIA
Pardon ! Ecoute-moi !
GENNARO
Non !
DONA LUCREZIA
Au nom du ciel !
GENNARO
Non !
Il la frappe.
Ah !... tu m’as tuée! -
DONA LUCREZIA
— Gennaro! je suis ta mère!
Nous publions les notes de 1833 et de 1882 avec les scènes données dans l’e'dition originale et dans l’édition ne varietur Hetzel-Quantin. Ces scènes devraient, comme pour les autres drames, paraître soit dans le Reliquat, soit dans l’étude du manuscrit. Or, si le texte des notes se trouve bien, en effet, dans le manuscrit relié par les soins de Victor Hugo et légué par lui à la Bibliothèque nationale, en revanche les scènes, les variantes et les deux dénouements reproduits dans les éditions de 1833 et de 1882 ne figurent pas dans le manuscrit. Ont-ils été envoyés par Victor Hugo à l’imprimerie en 1833 et n’ont-ils pas été rendus ou réclamés? ont-ils été égarés en 1882 ? 11 faut admettre ces hypothèses puisque Victor Hugo n’a pas joint au manuscrit, en le faisant relier, les scènes imprimées dans l’édition ne varietur et dans l’édition originale. (Note de l’éditeur.)
NOTES
DE
L’ÉDITION ORIGINALE
Le texte de la pièce, telle qu’elle est imprimée ici, est conforme à la représentation, à deux variantes près que l’auteur croit devoir donner ici pour ceux de MM. les directeurs des théâtres de province qui voudraient monter Lucrèce Borgia.
Abici de quelle façon se termine à la représentation la deuxième partie du premier acte :
A peine les gentilshommes ont-ils disparu, qu’on voit la tête de Rustighello passer derrière l’angle de la maison de Gennaro. Il regarde si tous sont bien éloignes, puis avance avec précaution et fait un signe derrière lui. Plusieurs hommes armés paraissent. Rustighello, sans dire une parole, les place, en leur recommandant le silence par gestes, l’un en embuscade à droite de la porte de Gennaro, l’autre à gauche, l’autre dans l’angle du mur, les deux derniers derrière les piliers du balcon ducal. Au moment où il a fini ces dispositions, Astolfo paraît dans la place et aperçoit Rustighello sans voir les soldats embusqués.