‹ Marion de LormeChapitre 110 sur 209 · CARLOS · texte numérisé non relu

CARLOS

DONA JOSEFA, seule.

Elle ferme les rideaux cramoisis de la fenêtre et met en ordre quelques fauteuils. On frappe à une petite porte dérobée à droite. Elle écoute. On frappe un second coup.

Serait-ce déjà lui?

Un nouveau coup.

C'est bien à l'escalier Dérobé.

2 HERNANL

Un quatrième coup.

Vite, ouvrons.

Elle ouvre la petit6 porte masquée. Entre don Carlos, le manteau sur le nez et le chapeau sur les yeux.

Bonjour, beau cavalier.

Elle l'introduit. Il écarte son manteau et laisse voir un riche costume de velours et de scie, à la mode castillane de 1519, Elle le regarde sous le nez et recule étonnée.

Quoi, seigneur Hernani, ce n'est pas vous! —Main-forte! Au feu !

DON CARLOS, lui saisissant le bras.

Deux mots de plus, duègne, vous êtes morte I

Il la regarde fixement. Elle se tait, effrayée.

Suis-je chez dona Sol? fiancée au vieux duc De Pastrana, son oncle, un bon seigneur, caduc, Vénérable et jaloux? dites? La belle adore Un cavalier sans barbe et sans moustache encore, Et reçoit tous les soirs, malgré les envieux, Le jeune amant sans barbe à la barbe du vieux. Suis-je bien informé ?

Elle se tait. Il la secoue par le bras.

Vous répondrez peut-être?

DONA JOSEFA

Vous m'avez défendu de dire deux mots, maître.

DON CARLOS

Aussi n'en veux-je qu'un. — Oui, — non. — Ta dame est bien Dona Sol de Silva? parle.

DONA JOSEFA

Oui. Pourquoi?

DON CARLOS

Pour rien.

Le duc, son vieux futur, est absent à celte heure?

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