‹ Marion de LormeChapitre 125 sur 209 · ACTE PREMIER · texte numérisé non relu

ACTE PREMIER

Et tombe tout entier du côté de ma haine.

Oui, je suis de ta suite, et c'est toi qui l'as ditî

Va, jamais courtisan de ton lever maudit,

Jamais seigneur baisant ton ombre, ou majordome

Ayant à te servir abjuré son cœur d'homme,

Jamais chiens de palais dressés à suivre un roi

Ne seront sur tes pas plus assidus que moi !

Ce qu'ils veulent de toi, tous ces grands de Gastille,

C'est quelque titre creux, quelque hochet qui brille,

C'est quelque mouton d'or qu'on se va pendre au cou.

Moi, pour vouloir si peu, je ne suis pas si fou !

Ce que je veux de toi, ce n'est point faveurs vaines,

C'est l'âme de ton corps, c'est le sang de tes veines,

C'est tout ce qu'un poignard, furieux et vainqueur,

En y fouillant longtemps peut prendre au fond d'un cœur.

Va devant, je te suis. Ma vengeance qui veille

Avec moi toujours marche et me parle à l'oreille.

Va! je suis là, j'épie et j'écoute, et sans bruit

Mon pas cherche ton pas et le presse et le suit.

Le jour tu ne pourras, ô roi, tourner la tête

Sans me voir immobile et sombre dans ta fête;

La nuit tu ne pourras tourner les yeux, ô roi,

Sans voir mes yeux ardents luire derrière toi I

ïl sort par la petite porte,

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