‹ Marion de LormeChapitre 130 sur 209 · DON CARLOS, DONA SOL · texte numérisé non relu

DON CARLOS, DONA SOL

DO N A SOL, au balcon.

Est-ce vous, Hernani?

DON CARLOS, à part.

Diable ! ne parlons pas !

Il frappe de nouveau des mains.

DONA SOL

Je descends.

Elle referme la fenêtre, dont la lumière disparait. Un moment après, la petite porte s'ouvre, et dona Sol en sort, une lampe à la main, sa mante sur les épaules.

Zh HERNANI.

DONA SOL

Hernani !

Don Carlos rabat son chapeau sur son visage, et s'araiioe précipitamment vers elle.

DON A SOL, laissant tomber sa lampe.

Dieu ! ce n'est point son pas !

Elle veut rentrer. Don Carlos court à elle et la retient par le bras. DON CARLOS.

DonaSol!

DONA SOL

Ce n'est point sa voix! Ah! malheureuse!

DON CARLOS

Eh! quelle voix veux-tu qui soit plus amoureuse? C'est toujours un amant, et c'est un amant roi !

DONA SOL

Le roi!

DON CARLOS

Souhaite, ordonne, un royaume est à toi! Car celui dont tu veux briser la douce entrave, C'est le roi ton seigneur, c'est Carlos ton esclave!

DONA SOL, cherchant à se dégager de ses bras.

Au secours, Hernani !

DON CARLOS

Le juste et digne effroi !

Ce n'est pas ton bandit qui te tient; c'est le roi!

DONA SOL

Non! le bandit c'est vous! N'avez-vous pas de honte? Ah ! pour vous à la face une rougeur me monte. Sont-ce là les exploits dont le roi fera bruit?

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