ACTE TROISIÈME
DON CARLOS
Eh bien donc! au lieu d'une, alors j'aurai deux têtes.
Au duc d'Alcala.
Jorge, arrêtez le duc.
DONA SOL, arrachant son voile et se jetant entre le roi. le duc et les gardes.
Roi don Carlos, vous êtes Un mauvais roi î
Grand Dieu ! que vois-je ? doua Sol !
DONA SOL
Altesse, tu n'as pas le cœur d'un Espagnol !
DON CARLOS, troublé.
Madame, pour le roi vous êtes bien sévère.
Il s'approche de doua Sol.
Bas.
C'est vous qui m'avez mis au cœur cette colère.
Un homme devient ange ou monstre en vous touchant.
Ah! quand on est haï, que vite on est méchant!
Si vous aviez voulu, peut-être, ô jeune fille,
J'étais grand, j'eusse été le lion de Castille;
Vous m'en faites le tigre avec votre courroux.
Le voilà qui rugit, madame, taisez-vous!
Dofia Sol lui jette un regard. Il s'incline.
Pourtant, j'obéirai.
Se tournant vers le duc.
Mon cousin, je t'estime.
Ton scrupule après tout peut sembler légitime. Sois fidèle à ton hôte, infidèle à ton roi, C'est bien; je te fais grâce et suis meilleur que — J'emmène seulement ta nièce comme otaeçe.
80 HERNANI
DON ROY GOMEZ
Seulement 1
DON A SOL, interdite.
Moi, seigneur I
DON CARLOS
Oui, VOUS.
DON RUY GOMEZ
Pas davantage!
Oh! la grande clémence! ô généreux vainqueur, Qui ménage la tête et torture le cœur ! Belle grâce.!
DON CARLOS
Choisis. Doua Sol ou le traître, Il me faut l'un des deux.
DON RUY GOMEZ
Ah ! vous êtes le maître !
Don Carlos s'approche de doha Sol pour l'emmener. Elle se réfugie vers don Ruy Gomez.
DON A SOL
Sauvez-moi, monseigneur !
Elle s'arrête. — A part.
Malheureuse, il le faut !
La tête de mon oncle ou l'autre ! moi plutôt !
Au roi.
Je vous suis.
DON CARLOS, à part.
Parles saints! ridée est triomphante! Il faudra bien enfin s'adoucir, mon infante!
Donn Sol va d'un pas grave et assuré au coffret, qui renferme l'écrin, l'ouvre, et y prend le poignard, qu'elle cache dans son sein. Don Carlos vient à elle et lui présente la main.