ACTE DEUXIÈME. tô
BRICHANTEAU, d'un air mystérieux.
A ton tour, écoute une nouvelle.
Elle est ici.
gassé, Vraiment! à Blois!
BRICHANTEAU
Incognito.
GASSÉ, haussant les épaules.
Marion ! — Vous raillez, monsieur de Brichanteau ! Elle ici! Marion! elle qui fait la mode! Mais c'est que de Paris ce Blois est l'antipode ! Regardez. — Tout est laid, tout est vieux, tout est mal.
Montrant les tours de Saint-Nicolas.
Ces clochers même ont l'air gauche et provincial !
ROCHEBARON.
C'est vrai.
BRICHANTEAU
Douteriez-vous que Saverny l'ait vue?
Cachée ici? déjà d'un grand amant pourvue? Lequel même a sauvé Saverny, s'il vous plaît, De voleurs qui la nuit l'avaient pris au collet; Bons larrons, qui voulaient faire en cette rencontre L'aumône avec sa bourse et voir l'heure à sa montre.
GASSÉ.
Mais c'est toute une histoire !
ROCHEBARON, à Brichanteau.
En êtes-vous bien sûr?
BRICHANTEAU
Comme j'ai six besans d'argent sur champ d'azur!
Si bien que Saverny depuis n'a d'autre envie Que de trouver cet homme auquel il doit la vie.
BOUCHAVANNES.
Mais il peut bien l'aller trouver chez elle.
Non.
Elle a changé depuis de logis et de nom. On a perdu sa trace.
Marion et Didier traversent lentement le foDd du théâtre sans être vus des interlocuteurs, et entrent par une petite porte dans une des maisons latérales.
GASSÉ.
Il fallait que je vinsse A Blois pour retrouver Marion en province!
Entrent MM. de Villac et de Montpesat, parlant haut et disputant. VILLAC.
Moi, je te dis que non !
MONTPESAT
Moi, je te dis que si !
VILLAC.
Le Corneille est mauvais!
MONTPESAT
Traiter Corneille ainsi !
Corneille enfin, l'auteur du Cid et de Mélite!
VILLAC
Mélite , soit! j'en dois avouer le mérite;
Mais Corneille n'a fait que descendre depuis,
Comme ils font tous! Pour toi, je fais ce que je puis.
Parle-moi de Mélite et de la Galerie
Du Palais! Mais le Cid, qu'est cela, je te prie?