‹ Marion de LormeChapitre 21 sur 209 · ACTE DEUXIÈME · texte numérisé non relu

ACTE DEUXIÈME

GASSÉ, à Montpesat.

Monsieur est modéré.

MONTPESAT

Le Cid est bon !

VILLAC.

Méchant !

Ton Cid, mais Scudéry l'écrase en le touchant! Quel style! ce ne sont que choses singulières, Que façons de parler basses et familières. Il nomme à tout propos les choses par leurs noms. Puis le Cid est obscène et blesse les canons. Le Cid n'a pas le droit d'épouser son amante. Tiens, mon cher, as-tu lu Pyrame et Bradamante? Quand Corneille en fera de pareils, donne-m'en.

ROCHEBARON, à Montpesat.

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De monsieur Mairet. C'est la grande tragédie ;

Mais le Cid!

VILLAC.

Puis il a l'âme vaine et hardie.

Croit-il pas égaler messieurs de Boisrobert, Chapelain, Serisay, Mairet, Gombault, Habert, Bautru, Giry, Faret, Desmarets, Malleville, Duryer, Cherisy, Colletet, Gomberville, Toute l'académie enfin !

BRICHANTEAD, riant de pitié et haussant les épaules.

C'est excellent!

VILLAC

Puis monsieur veut créer! inventer! Insolent! Créer après Garnier! après le Théophile!

Après Hardy ! Le fat ! créer, chose facile ! Comme si ces esprits fameux avaient laissé Quelque chose après eux qui ne fût pas usé! Chapelain là-dessus le raille d'une grâce !

ROCHEBARON.

Corneille est un croquant !

BOUCHAVANNES.

Mais l'évêque de Grasse, Monsieur Godeau, m*a dit qu'il a beaucoup d'esprit.

MONTPESAT

Beaucoup!

VILLAC

S'il écrivait autrement qu'il n'écrit, S'il suivait Aristote et la bonne méthode...

GASSÉ.

Messieurs, faites la paix. Corneille est à la mode :

ïl succède à Garnier, comme font de nos jours

Les grands chapeaux de feutre aux mortiers de velours.

MONTPESAT

Moi, je suis pour Corneille et les chapeaux de feutre.

G AS SE, à Montpesat.

Tu vas trop loin ! —

A Villac.

Garnier est très-beau.— Je suis neutre, Mais Corneille a du bon parfois.

VILLAC.

D'accord.

ROCHEBARON.

D'accord, C'est un garçon d'esprit et que j'estime fort.

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