‹ Marion de LormeChapitre 23 sur 209 · ACTE DEUXIÈME · texte numérisé non relu

ACTE DEUXIÈME

VILLAC.

L'un et l'autre.

MONTPESAT, lui prenant le bras.

Cherchons quelque coin par la ville,

L'ANGELY, se levant.

Un duel! Souvenez-vous du sieur de Bouteville!

Nouvelle consternation dans l'assistance, Villac et Montpesat se quittent, l'œil attaché sur L'Angely.

ROCHEBARON.

Quel est cet homme noir qui me fait peur, ma foi?

l'angely.

Mon nom est L'Angely. Je suis bouffon du roi.

BRICHANTEAU, riant.

Je ne m'étonne plus que le roi soit si triste.

BOUCHAVANNES, riant.

C'est un plaisant bouffon qu'un fou cardinaliste!

L'ANGELY, debout.

Prenez garde, messieurs ! le ministre est puissant : C'est un large faucheur qui verse à flots le sang; Et puis il couvre tout de sa soutane rouge, Et tout est dit.

Un silence.

GASSÉ.

Mordieu !

ROCHEBARON.

Du diable si je bouge !

BRICHANTEAU

Çà, près de ce bouffon Pluton est un rieur.

Entre une foule de peuple qui sort des rues et des maisons et couvre l'a

place; au milieu, le crieur public à cheval, avec quatre valets de ville en livrée, dont un sonne la trompe, tandis qu'un autre bat du tambour.

GASSÉ.

Que vient donc faire ici ce peuple? — Ah ! le crieur! Que vient-il nous chanter, en fait de patenôtre?

BRICHANTEAU, à un bateleur qui est mêlé à la foule et qui porte un singe sur son dos.

Mon bon ami, lequel de vous deux fait voir l'autre?

MONTPESAT, à Rochebaron.

Voyez donc si nos jeux de cartes sont complets.

Montrant les quatre valets de ville en livrée.

Je gage qu'en l'un d'eux on a pris ces valets.

LE CRIEUR PUBLIC, d'une voix nasillarde.

Bourgeois, silence!

BRICHANTEAU, bas, à Gassé.

Il est d'une mine farouche Et sa voix doit user son nez plus que sa bouche.

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