ACTE DEUXIÈME
LE CRIEUR, poursuivant.
« ... A tous ceux qui verront ces présentes, salut!
Il salue.
« Ayant considéré que chaque roi voulut « Exterminer le duel par des peines sévères; « Que, malgré les édits signés des rois nos pères, « Les duels sont aujourd'hui plus nombreux que jamais; « Ordonnons et mandons, voulons que désormais « Les duellistes, félons qui de sujets nous privent, « Qu'il en survive un seul ou que tous deux survivent, « Soient, pour être amendés, traduits en notre cour, « Et, nobles ou vilains, soient pendus haut et court; « Et, pour rendre en tout point redit plus efficace, « Renonçons pour ce crime à notre droit de grâce. « C'est notre bon plaisir. — Signé Louis. — Plus bas : « Richelieu. »
Indignation parmi les gentilshommes.
BRICHANTEAU
Nous, pendus comme des Barabbas !
BOUCHAVANNES.
Nous pendre! Dites-moi comment l'endroit se nomme Où l'on trouve une corde à pendre un gentilhomme?
LE CRIEUR, poursuivant;
« Nous, prévôt, pour que tous se le tiennent pour dit, « Enjoignons qu'en la place on attache redit. »
Deux valets de ville attachent un grand écriteau à une potence en fur qui sort d'un mur à droite.
GASSÉ.
A la bonne heure, au moins ! c'est l'édit qu'il faut pendre !
BOUCHAVANNES, secouant la tôte.
Oui, comte !... — En attendant celui qui l'a fait rendre.
Le crieur sort. Le peuple se retire. — Entre Saverny. — Le jour commence à baisser.