‹ Marion de LormeChapitre 24 sur 209 · ACTE DEUXIÈME · texte numérisé non relu

ACTE DEUXIÈME

LE CRIEUR, poursuivant.

« ... A tous ceux qui verront ces présentes, salut!

Il salue.

« Ayant considéré que chaque roi voulut « Exterminer le duel par des peines sévères; « Que, malgré les édits signés des rois nos pères, « Les duels sont aujourd'hui plus nombreux que jamais; « Ordonnons et mandons, voulons que désormais « Les duellistes, félons qui de sujets nous privent, « Qu'il en survive un seul ou que tous deux survivent, « Soient, pour être amendés, traduits en notre cour, « Et, nobles ou vilains, soient pendus haut et court; « Et, pour rendre en tout point redit plus efficace, « Renonçons pour ce crime à notre droit de grâce. « C'est notre bon plaisir. — Signé Louis. — Plus bas : « Richelieu. »

Indignation parmi les gentilshommes.

BRICHANTEAU

Nous, pendus comme des Barabbas !

BOUCHAVANNES.

Nous pendre! Dites-moi comment l'endroit se nomme Où l'on trouve une corde à pendre un gentilhomme?

LE CRIEUR, poursuivant;

« Nous, prévôt, pour que tous se le tiennent pour dit, « Enjoignons qu'en la place on attache redit. »

Deux valets de ville attachent un grand écriteau à une potence en fur qui sort d'un mur à droite.

GASSÉ.

A la bonne heure, au moins ! c'est l'édit qu'il faut pendre !

BOUCHAVANNES, secouant la tôte.

Oui, comte !... — En attendant celui qui l'a fait rendre.

Le crieur sort. Le peuple se retire. — Entre Saverny. — Le jour commence à baisser.

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