ACTE TROISIÈME. S
SAVERNY, arrachant ses fausses moustaches, son emplâtre et sa perruque noire.
Il n'est pas moït , vous dis-je !
Me reconnaissez-vous?
LE MARQUIS DE NANGIS, comme réveillé d'un rêve, pousse un cri et se jette dans ses bras.
Mon Gaspard ! mon neveu !
Mon enfant!
Ils se tiennent étroitement embrassés.
M A R ION, tombant à genoux et les yeux au ciel.
Ali ! Didier est sauvé ! — Juste Dieu !
DIDIER, froidement à Saverny.
A quoi bon? Je voulais mourir.
MARION, toujours prosternée.
Dieu le protège !
DIDIER, continuant sans l'écouter.
Autrement croyez-vous qu'il m'eût pris à son piège, Et que je n'eusse pas rompu de l'éperon Sa toile d'araignée à prendre un moucheron? La mort est désormais le seul bien que j'envie. Vous me servez bien mal pour me devoir la vie,
MARION
Que dit-il? vous vivrez!
LAFFEMAS
Çà, tout n'est pas fini.
Est- il sûr que c'est là Gaspard de Saverny?
MARION
Oui!
LAFFEMAS
C'est ce qu'il convient d'éclaircir à cette heure.
MARIO N, lui montrant le marquis de Xangis qui tient toujours Saverny embrassé.
Regardez ce vieillard qui sourit et qui pleure.
LAFFEMAS
Est-ce bien là Gaspard de Saverny?
MARION
Gomment Pouvez-vous en douter à cet embrassement?
LE MARQUIS DE NANGIS, se détournant.
Si c'est lui! mon Gaspard! mon fils! mon sang! mon âme!
A Marion.
N'a-t-il pas demandé si c'était lui, madame ?
LAFFEMAS, au marquis de Nangis.
Ainsi vous affirmez que c'est votre neveu Gaspard de Saverny?
LE MARQUIS DE NANGIS, avec force.
Oui!
LAFFEMAS
D'après cet aveu,
A Saverny.
De par le roi, marquis Gaspard, je vous arrête. — Votre épée.
Étonnement et consternation dans l'assistance.
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