‹ Marion de LormeChapitre 59 sur 209 · ACTE TROISIÈME. S · texte numérisé non relu

ACTE TROISIÈME. S

SAVERNY, arrachant ses fausses moustaches, son emplâtre et sa perruque noire.

Il n'est pas moït , vous dis-je !

Me reconnaissez-vous?

LE MARQUIS DE NANGIS, comme réveillé d'un rêve, pousse un cri et se jette dans ses bras.

Mon Gaspard ! mon neveu !

Mon enfant!

Ils se tiennent étroitement embrassés.

M A R ION, tombant à genoux et les yeux au ciel.

Ali ! Didier est sauvé ! — Juste Dieu !

DIDIER, froidement à Saverny.

A quoi bon? Je voulais mourir.

MARION, toujours prosternée.

Dieu le protège !

DIDIER, continuant sans l'écouter.

Autrement croyez-vous qu'il m'eût pris à son piège, Et que je n'eusse pas rompu de l'éperon Sa toile d'araignée à prendre un moucheron? La mort est désormais le seul bien que j'envie. Vous me servez bien mal pour me devoir la vie,

MARION

Que dit-il? vous vivrez!

LAFFEMAS

Çà, tout n'est pas fini.

Est- il sûr que c'est là Gaspard de Saverny?

MARION

Oui!

LAFFEMAS

C'est ce qu'il convient d'éclaircir à cette heure.

MARIO N, lui montrant le marquis de Xangis qui tient toujours Saverny embrassé.

Regardez ce vieillard qui sourit et qui pleure.

LAFFEMAS

Est-ce bien là Gaspard de Saverny?

MARION

Gomment Pouvez-vous en douter à cet embrassement?

LE MARQUIS DE NANGIS, se détournant.

Si c'est lui! mon Gaspard! mon fils! mon sang! mon âme!

A Marion.

N'a-t-il pas demandé si c'était lui, madame ?

LAFFEMAS, au marquis de Nangis.

Ainsi vous affirmez que c'est votre neveu Gaspard de Saverny?

LE MARQUIS DE NANGIS, avec force.

Oui!

LAFFEMAS

D'après cet aveu,

A Saverny.

De par le roi, marquis Gaspard, je vous arrête. — Votre épée.

Étonnement et consternation dans l'assistance.

LE

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