‹ Marion de LormeChapitre 72 sur 209 · ACTE QUATRIÈxME · texte numérisé non relu

ACTE QUATRIÈxME

Aux courtisans, avec un, signe de tête.

Messieurs, Dieu vous garde!

Il se jette dans un grand fauteuil et soupire profondément.

Ah!... j'ai bien mal dormi, monsieur de Bellegarde!

LE DUC, s'avançant avec trois profondes révérences.

Mais, sire, on ne dort plus maintenant.

LE ROI, vivement.

N'est-ce pas?

Tant l'État marche au gouffre et se hâte à grands pas.

LE DUC

Ah! sire, il est guidé d'une main forte et large...

LE ROI

Oui, le cardinal-duc porte une lourde charge!

LE DUC

Sire!...

A ses vieilles mains je devrais l'épargner, Mais, duc, — j'ai bien assez de vivre, sans régner!

LE DUC

Sire... le cardinal n'est pas vieux...

LE ROI

Bellegarde, Franchement, — nul ici n'écoute et ne regarde, — Que pensez-vous de lui?

LE DUC

Te qui, sire?

LE ROI

De lui?

LE DUC

De l'Éminence ?

LE ROI

Eh! oui.

LE DUC

Mon regard ébloui Peut se fixer à peine...

LE ROI

Est-ce votre franchise?

Regardant autour de lui.

Pourtant point d'éminence ici, — rouge ni grise! Pas d'espion! parlez, que craignez-vous? Le roi Veut votre avis tout franc sur le cardinal.

LE DUC

Quoi!

Tout franc, sire?

LE ROI

Tout franc.

LE DUC, hardiment.

Eh bien ! — C'est un grand homme.

LE ROI

Au besoin, n'est-ce pas, vous Tiriez dire à Rome? Entendez-vous? L'État souffre, entendez-vous bien? Entre lui qui fait tout et moi qui ne suis rien.

LE DUC

Ah!...

LE ROI

Règle-t-il pas tout, paix.> guerre, états, finances? Fait-il pas lois, édits, mandements, ordonnances? Il est roi, dis-je! il a dissous par trahison

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