‹ Mariquita Louis JoubertChapitre 1 sur 25 · I.’ARRIVÉE. — RENÉ · texte numérisé non relu

I.’ARRIVÉE. — RENÉ

tous se dirigeaient ensemble vers la ville où les passagers, fatigués d’une pénible navigation, allaient trouver, avec le repos, toutes les jouissances de bienêtre que leur avait ménagées l’ingénieuse tendresse de leurs familles.

Peu à peu les groupes s’étaient dispersés ; et sur le quai, tout à l’heure si animé et si bruyant, il ne restait guère que quelques matelots occupés de leur service. Toutefois, parmi les nouveaux arrivants, il en était deux qui ne paraissaient pas songer à prendre, comme tous les autres, le chemin de la ville. Une jeune fille jetait tes yeux de tous côtés comme cherchant une personne qui ne venait pas: ses regards avaient vainement interrogé la foule; nul ne s’était présenté pour l’accueillir ; et comme la solitude se faisait autour d’elle, l’anxiété se peignait de plus en plus sur son visage.

A quelques pas de là, un jeune homme, descendu comme elle du bâtiment, se tenait debout, un cigare à la bouche. Quoiqu’il n’eût l’air d’attendre personne, il ne semblait pas pressé de s’éloigner, à en juger du moins par la manière dont il avait reçu les portefaix qui lui offraient leurs services. En apparence indifférent à tout ce qui se passait autour de lui, tantôt il se promenait de long en large, comme s’il eût été là

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seulement pour respirer la brise ; tantôt, accoudé sur une des rampes de fer qui bordaient le quai, il semblait contempler les eaux de la mer comme s’il les voyait pour la première fois. Mais un observateur attentif aurait pu remarquer que souvent ses yeux se portaient vers la jeune fille, et que de son côté celleci quelquefois le regardait à la dérobée.

Quand la foule se fut complètement retirée, comme le jour commençait à baisser, notre héros (car vous devinez qu’il sera le héros de cette histoire), jetant le cinquième cigare qu’il venait d’allumer, s’approcha de la jeune fille, se découvrit la tète, et d’un air tout à la fois aisé et respectueux : « Mademoiselle, lui dit-il, » je vois que les personnes qui devaient vous attendre » ici ne sont pas arrivées. Permeltez-moi , puisque » j’ai déjà pu vous rendre quelques légers services, de » vous venir encore en aide jusqu’au moment où je » pourrai emporter l’assurance de vous avoir remise » en des mains sûres et dévouées. D’ailleurs, ajouta-t-il » en souriant, notre pays passe à bon droit pour hos- » pitalier, et je tiens, pour mon compte, à lui conserver » cette réputation. Je ne voudrais pas qu’en arrivant » vous puissiez vous considérer tout à fait comme » une étrangère délaissée par ses compagnons de » route. Je serais heureux d’accomplir jusqu’au bout

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» mon devoir de Français. II vous faut un guide ; je » connais le Hâvre : daignez donc m’accepter, plutôt » qu’un de ces hommes du port, pour introducteur » dans ma terre natale. Je me féliciterai d’avoir pu » vous en faire les premiers honneurs. »

La jeune fille rougit : « Je l’avoue, dit-elle, je me » trouve dans un grand embarras. Contre mon attente, » je me vois seule, et je ne connais ici que vous. » J’accepte donc votre offre. » Et elle prit le bras qu’il lui présentait. Suivis de portefaix chargés de leurs bagages, ils se dirigèrent vers l’hôtel d’Albion. Là, après avoir fait installer sa compagne dans une chambre convenable, comme elle désirait ne point prendre place à la table commune, le protecteur improvisé lui fit apporter h dîner. Puis, s’étant assuré qu’elle ne manquerait de rien jusqu’au lendemain, il lui souhaita le bonsoir, descendit à la table d’hôte, alla ensuite au café, et revint se coucher à une heure assez avancée.

Dès le matin, et après avoir fait demander à la jeune fille si elle pouvait le recevoir, il se présenta chez elle, et après les civilités d’usage, il lui dit qu’il venait se mettre à sa disposition pour tout ce qu’il lui plairait d'ordonner. « Au risque d’abuser de votre » complaisance, Monsieur, lui répondit-elle, je vous

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» prierai de m’accompagner jusqu’à la poste. Le » parent chez lequel je vais habiter est âgé : il m’avait y> prévenue que si, par suite de quelque contre-temps, » il n’était pas là quand j’arriverais au Havre, une » lettrem’altendrait.Maiscomrae il ajoutait qu’à moins » d’impossibilité absolue lui-même me recevrait à la » descente du bâtiment, j’ai eu le tort de trop compter » sur sa bonne santé. Aussi ai-je ôté vivement conlra- » riée en me voyant trompée dans mon espoir. Mais » cette lettre que je vais avoir me tranquillisera sans » doute et m’indiquera ce que je dois faire. »

Ils se rendirent ensemble au bureau de poste. Sur leur demande le commis chargé de ce service chercha, dans un paquet de lettres, s’il ne s’en trouvait point quelqu’une au nom qu’on lui indiquait; à deux reprises il les examina toules l’une après l’autre, en lisant tout haut chaque adresse; puis la réponse fut négative et le guichet se referma. « Ab ! mon Dieu, » s’écria l’étrangère, quel malheur ! que faire? » Elle n’ajouta rien ; mais en sortant du bureau son compagnon s’aperçut que ses traits trahissaient une profonde émotion, et que de grosses larmes, qu’elle essayait de retenir, roulaienl dans ses yeux. Ils marchaient en silence, la jeune fille se laissant mener où la dirigeait son conducteur. Ils arrivèrent à une place, en ce

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moment presque déserte. Là ils s’assirent sur un des bancs.

Après quelques instants: « Mademoiselle, dit le » jeune homme, vous allez peut-être me trouver » indiscret; mais le motif auquel j’obéis doit me » servir d’excuse. Voilà plus de deux mois que j’ai » l’honneur de vous connaître, de vous voir tous les » jours, de vivre avec vous de celte vie plus familière » et plus intime permise aux habitants d’un môme » vaisseau. Je ne suis donc plus tout à fait un » étranger pour vous. Ces deux mois d’existence com- » mune (deux mois dont je me souviendrai longtemps) » ont créé entre nous des rapports dont je ne songeais » nullement à me prévaloir; et je pensais, non peut- » être sans quelque sentiment de regret, qu’une fois » arrivés en France je vous dirais adieu pour ne plus » vous revoir. Mais je croyais alors que dès votre entrée » dans le port une protection vous était assurée. Par » un fâcheux concours de circonstances cette protection » vous fait défaut. Je n’oserais m’offrir si je vous con- » naissais un appui quel qu'il fût. Mais vous êtes » seule, à trois mille lieues de votre pays. Je ne vois » que votre embarras, et je n’hésite plus. J’ai d’ailleurs » une dette de reconnaissance à payer à votre Chili , » où, pendant deux ans, je n’ai rencontré que des

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» cœurs serviables. Veuillez donc, pour quelques » jours au moins, me considérer comme un compa- » Iriote, un ami, un frère, que le hasard a placé sur » votre chemin, et qui sera heureux de vous prouver, » par son dévouement, qu’il est digne de ce titre. » Veuillez, je vous en supplie, me confier vos inquié- » tudes, vos projets. Votre confiance, ai-je besoin de » vous le jurer ? ne sera pas mal placée : me la » refuser, ce serait me dire que vous doutez de ma » loyauté, de mon honneur. »

La jeune fille avait d’abord baissé les yeux ; mais à ces derniers mots, prononcés d’une voix émue, quoique ferme, elle releva la tète. « Non, Monsieur, » dit-elle, je ne veux pas douter de vous ; cependant, » malgré toute l’estime que m’inspire votre caractère, » je n’aurais pu, en d’autres circonstances, et vous le » comprenez sans peine, accepter l’aide que vous » m’offrez ; mais je me vois dans une si étrange » situation ! Je ne vous refuserai donc point la con- » fiance que vous sollicitez. » Alors elle lui raconta comment elle avait été appelée en France par son grand-père maternel, seul parent qui lui restât, et qu’elle n’avait jamais vu. Pourquoi n’était-il pas venu à sa rencontre? Comment au moins no lui avait-il pas écrit? Elle s’effrayait de ce silence; mais quelle

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qu’en fût la cause, puisque son grand-père n’était pas au Hâvre, elle devait aller.le trouver à Bordeaux.

« A Bordeaux, Mademoiselle! reprit son interlocu- » leur. C’est là aussi que je dois me rendre. J’ai une » tante qui habite la campagne, à deux lieues de cette » ville. J’avais d’abord , il est vrai , l’intention de » passer par Paris et de m’y arrêter quelques jours ; » mais pourtant aucune affaire n’y réclame ma pré- » sence, et ma tante sera enchantée de me revoir plus » tôt qu’elle ne comptait. Si vous voulez bien m’ac- » cepter pour compagnon de route, dès aujourd’hui » nous pouvons partir. Votre grand-père, j’en suis » sûr, attend avec autant d’impatience que vous- » môme le moment où vous serez réunis. »

Quelques heures après, la voiture publique les emportait, avec d’autres voyageurs, vers Bordeaux.

Arrêtons-nous ici un instant pour faire plus ample connaissance avec nos deux personnages. A l’époque de son retour en France, René de Clerfond avait vingt-sept ans. Il n’avait point connu son père, mort d’une chute de cheval quelques semaines avant sa naissance. Dès son enfance, René avait donné les signes d’un caractère ardent et passionné : c’était une de ces natures qui peuvent, suivant la direction

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qu’elles ont reçue, aller plus loin que les autres dans le bien comme dans le mal ; les menaces, les punitions auraient difficilement brisé ses volontés ; mais il suffisait, pour le faire obéir, d’une parole, d’un regard de sa mère, qu’il aimait tendrement. L’idée seule qu’il pouvait lui faire de la peine l’arrêtait dans ses plus grands emportements. Pour lui épargner un chagrin, il était capable d’une résolution et d’une énergie audessus de son âge ; en voici deux exemples.

Il avait été mis à l’école ; mais toujours en quête d’amusements et plus occupé de faire des niches que d’apprendre ses leçons, il troublait, par sa turbulence et son indiscipline, l’ordre de la classe. Le bonnet avec des oreilles d’àne, cet épouvantail des enfants, avait été impuissant contre sa paresse et sa dissipation ; scs livres étaient toujours en lambeaux ; il est vrai qu’aucun autre écolier n’avait une collection aussi variée et aussi complète de soufflets, de chevaux, de vaisseaux et de maisons en papier. Il en était à son septième alphabet, et ne savait encore que les deux premières lettres. Le maître, à bout de patience et désolé, se résolut à faire une démarche décisive : il se revêtit de son habit des grands jours, et pour mettre à couvert sa responsabilité et décharger sa conscience, comme il le disait un peu solennellement, il se rendit

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un dimanche chez M me de Clerfond, et après force excuses, il la pria de retirer ce petit polisson, qui ne ferait sans doute jamais rien et qui apportait le trouble dans son école. Le digne magister venait de sortir quand l’enfant rentra. Il vit des larmes dans les yeux de sa mère ; mais elle n’eut pas besoin de lui faire de reproches ; aux premiers mots qu’elle lui adressa : « Ne pleure plus, maman, lui dit-il en l'embrassant; » je vais bien travailler, tu verras. » Et en cfTct le lendemain, arrivé l’un des premiers à l’heure où commençait la classe, il alla s’asseoir silencieusement sur son banc, ouvrit son livre, l’étudia sans lever une seule fois la tôle. Le soir il put dire à sa mère toutes ses lettres sans en manquer une seule ; à la fin de la semaine il épelait très-couramment, et au bout d’un mois il lisait sans faire plus de deux ou trois fautes par page ; il était devenu l’élève modèle, celui que le maître, tout fier de cette conversion inespérée et persévérante, dont il s’attribuait, bien entendu, le mérite; aimait à citer pour son application et ses progrès.

Plus tard (il avait alors sept ans), un chien qu’il agaçait se jeta sur lui et lui enfonça ses crocs dans les jambes ; l’enfant souffrait cruellement ; mais il ne poussa pas un cri, de peur d’effrayer sa mère, qui brodait assise près de la fenêtre et ne s’aperçut de

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rien. Il alla au ruisseau , lava soigneusement le sang qui coulait de scs chairs déchirées ; puis il s’enveloppa la jambe de son mouchoir, et rentra à la maison d’un air joyeux. Malgré la douleur qu’il ressentait, il aurait continué de soigner lui-même sa blessure, si, le troisième jour, une servante, qui l’avait vü boiter loin de la * maison, n’avait averti sa maîtresse. L’enfant, pressé de questions, dut avouer la vérité: « Ne gronde pas, dit-il en se jetant au cou de sa mère ; » j’aurais voulu tout te dire, mais je savais combien » tu t’inquiéterais. » La mère était fiôre de son fils, sans se dissimuler pourtant ses défauts : « Mon René, » disait-elle quelquefois, pourra, j’en conviens, avoir » mauvaise tête, mais il a bon cœur. Le tout sera de » savoir le prendre pour le mener à bien. »

. Si tendrement aimée, M m0 de Clerfond aurait sans doute gardé sa douce et salutaire influence sur son fils et l’aurait préservé de nombreux écarts. Mais il n’avait que huit ans quand il eut le malheur de perdre sa mère ; il fut en proie à un véritable désespoir qui fit craindre un instant pour sa santé. Il fut recueilli par la sœur de son père. M 1Ie Aurore-Ange de Clerfond, ainsi s’appelait sa tante, était alors âgée de trente-cinq ans. Elle avait eu des prétentions à la beauté, prétentions assez fondées, si l’on compte les

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nombreux adorateurs qui lui avaient adressé leurs hommages. Dieu sait combien de jolis madrigaux avaient inspirés ses deux noms d’Aurorc et d’Ange. Comme d’ailleurs sa fortune était assez ronde, beaucoup de soupirants avaient brigué sa main ; mais aucun ne lui avait semblé digne d’être élevé par elle à la dignité d’époux. Tout n’a qu’une saison, même les prétendants : pendant quelques années sa cour avait pu se renouveler, sans devenir jamais déserte ; mais peu à peu le vide s’était fait, au grand étonnement de M 1 ' 0 Aurore, qui commençait peut-être à regretter tout bas ses dédains d’autrefois. Il lui en aurait coûté cependant de s’avouer que le temps, cet insigne larron qui ravit tout, ne l’avait pas entièrement respectée et avait fait main basse sur ses attraits. Aussi saisit-elle avec empressement l’occasion de faire sa sortie du monde avec honneur. Elle déclara à. tous ses amis que, voulant se charger du pauvre orphelin, elle entendait devenir une mère pour lui, qu’elle s’en imposait tous les devoirs, et renonçait en conséquence au mariage. Le dévouement dont elle se parait lui servit donc à couvrir sa retraite. Toutefois, pour être juste, il faut reconnaître qu’elle aimait réellement son neveu. Mais, en matière d’éducation, elle voulait se régler, comme elle se plaisait à le dire,

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d’après des principes bien arrêtés. Souvent elle avait plaint sa belle-sœur qui n’entendait rien, assurait-elle, à la manière d’élever les enfants. Et défait M IU Aurore n’eut jamais de ces douces faiblesses à l’aide desquelles une mère s’empare avec tant de force du cœur de son fils. Comme il faut couper le mal dans ses racines et que l’indulgence n’est qu’un encouragement donné au vice, toute faute devait recevoir sa punition. Mais estimant que la punition toute seule ne suffit pas pour inculquer la vertu dans une jeune âme, et que laj ustice d’ailleurs doit rendre compte de ses arrêts, l’excellente tante, pour rester à la hauteur de sa mission, faisait comparaître le coupable devant son tribunal, et lui démontrait longuement toute l’énormité, toutes les conséquences de son péché. Bien et dûment sermonné, catéchisé, l’enfant, qui ne s’était pas soupçonné si criminel, ne saisissait pas toujours le sens des homélies dont le gratifiait si libéralement sa digne institutrice ; il les écoutait avec un ennui qu’elle prenait volontiers pour de la contrition. Satisfaite du repentir qu’elle avait fait naître, M Ue Aurore restait convaincue de l’efficacité de sa parole pour remettre son neveu dans le droit chemin, s’il s’en écartait.

René, avec le caractère que nous lui connaissons, devait, en grandissant, échapper promptement à

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l’influence de sa tante. Il aurait môme fait plus tôt, s’il était resté près d’elle, des tentatives d’indépendance. Mais d’après les conseils de M. Gérard, son subrogé-tuteur, on le mit de bonne heure au collège. M. Gérard était un notaire, ami de la famille; ouvert et gai quand il n’était point dans l’exercice de ses graves fonctions, il avait su se faire aimer de son pupille, auquel il portait de son côté un vif intérêt.

Au collège, René gagna l’affection de ses maîtres et de ses condisciples. Je ne veux pas dire pourtant qu’il ne lui arriva jamais de commettre des fautes. Avec son caractère bouillant et impétueux il lui était difficile, plus qu’à beaucoup d’autres, de se tenir à l’abri de tout reproche. Mais on reconnaissait en lui de la franchise, de la générosité, du courage, qualités si estimées, si estimables, tandis que scs défauts étaient de ceux que l’on pardonne aisément, parce qu’ils ne tiennent pas à la bassesse de l’âme. Ajoutez que sans être toujours également appliqué, il apportait cependant dans ses éludes assez de travail et d’intelligence pour être compté parmi les meilleurs élèves.

Délivré des remontrances perpétuelles dont sa tante l’obsédait , René eût été assez disposé à ne rien négliger pour lui complaire; il n’aurait pas demandé

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