ACTE II ôg
Laisse-moi t'avouer qu'en arrivant ici
J'ai presque un vag-ue espoir d'apaiser mon souci.
Se pourrait-il
BASILLUS
RUTILIUS
Oui ; hier, par la porte Esquiline, Mummius, ton collègue, a gravi la colline Où nous campons dans Rome. Il a vu Marins. De quel objet tous deux se sont entretenus, Je l'ignore. Toujours est-il qu'une entrevue De nos deux chefs ici, je crois, fut résolue. Ce message, que je dois remettre à Sylla, Va, dans quelques instants, éclaircir tout cela.
BASILLUS
Une entrevue, ici ? C'est d'un heureux augure. Puisses-tu dire vrai !
RUTILIUS
Crois-moi, je te le jure :
Je donnerais mon sang aux dieux sans hésiter, Si d'un tel entretien je voyais résulter Cette paix qu'à grands cris tout citoyen appelle, La paix qui nous ferait une Rome nouvelle. Où l'on verrait unis dans un commun élan La plèbe et le Sénat, le pauvre et l'opulent. Qu'elle serait puissante notre République, Si nos deux chefs enfin, d'un geste sans réplique,
Go
Voulaient, main dans la main, d'eux-mêmes oublieux, Consacrer leurs vertus à ce but glorieux !
BASILLUS
Espérons ! Mais voici Sylla. De son visage Rasséréné, je lire un bienfaisant présage.