ACTE III
Je puis mourir ici, puisqu'ici ma patrie Effaça pour jamais sa rivale meurtrie.
Soldats, faites votre œuvre.
NERBALA
Ayez pitié,
soldats !
Epargnez au héros un si lâche trépas.
Cet homme m'a tout pris : un époux, ma couronne,
Deux de mes fils. Pourtant, voyez, je lui pardonne.
Je l'absous pour la haute et sereine leçon
Que son orgueil frappé m'apporte pour rançon.
Tes larmes t'ont lavé de tes crimes.
MARIUS
0 femme, Ton grand cœur m'a versé le suprême dictame. Pleurer, c'est pleurer tout. Sache donc qu'à mes pleurs Se mêla la mémoire aussi de tes douleurs. Mortels, souvenez-vous de cette heure dernière ! Vous direz au rival qui m'ôte la lumière Que seule, parmi cet amas d'iniquité.
Une femme aura fait un geste de beauté.
(Il se livre aux légionnaires qui l'emmènent). RIDEAU