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COMMENT LA MARQUISE ET LE CHEVALIER FURENT SURPRIS PAR L'AMOUR

L'amour nous surprend au moment où nous attendons le moins ses touches insinuantes et ses brusqueries décisives.

Il était une fois, à Paris, une jeune marquise, qui était veuve, et qui avait juré de ne jamais se remarier. Elle voulait s'ensevelir dans la solitude. Elle passait tous ses jours et toutes ses nuits, depuis six mois, à soupirer en songeant au mari charmant qu'elle avait perdu. « Ah! gémit-elle, il n'y a plus de consolation pour moi,... après deux ans de l'amour le plus tendre, épouser ce que l'on aime, ce qu'il y avait de plus aimable au monde; l'épouser et le perdre un mois après! » Elle poursuit ses plaintes : « Je ne veux plus m'occuper que de ma douleur.... Je ne vis presque plus que par un effort

de raison » Elle a imaginé, dans l'excès de son

exaltation, d'apaiser sa mélancolie par un singulier

moyen. Lorsqu'une femme souffre de malaise amoureux ou d'inquiétude morale, ou simplement de vapeurs malaisées à définir, il n'est pas rare qu'avant de trouver une consolation dans un nouvel amour, elle cherche un divertissement dans des occupations réputées plus sérieuses. Avant de se résoudre à reprendre un époux ou un amant, elle prend un professeur de philosophie. C'est justement ce que fait notre marquise. Elle se fait débiter des conférences, à domicile, par un savant en us, qui est aussi chargé de livres qu'une bibliothèque. Ce pédant, nommé Hortensius, lui explique, d'un ton nasillard, les belles-lettres, la morale et la métaphysique; elle se sait gré de l'écouter sans bâiller. Une femme qui s'ennuie supporte volontiers d'être ennuyée par les discoureurs de métier. Gela l'empêche de songer à son mal.

Le hasard qui, chez Marivaux, est toujours le complice de l'amour, veut qu'un jeune chevalier, du plus rare mérite et de la plus séduisante beauté, vienne habiter tout contre la maison de cette jeune et inconsolable marquise. Ils peuvent même se rencontrer dans un jardin qui est commun à leurs deux logis. Mais ce chevalier est aussi triste que sa voisine est mélancolique. Une jeune fille, dont il était éperdument épris, et que lui refusait la rigueur d'un père barbare, vient de se faire nonne, afin de n'appartenir point à un autre que lui. Accablé par ce malheur, le chevalier a résolu de ne plus songer au mariage. Il se promène mélancoliquement dans une allée jonchée de feuilles mortes. L'ennui, la langueur, la désolation, le désespoir, avec un air

sauvage brochant sur le tout, voilà le noir tableau que représente actuellement son visage.... Quand il parle aux gens, c'est du ton d'un homme qui va rendre les derniers soupirs : ce sont des paroles qui traînent, qui vous engourdissent, qui ont un poison froid qui glace fdme....

La communauté du jardin, jointe à la conformité de deux veuvages qui ne veulent pas être consolés, favorise les premières rencontres de ces deux affligés. Leur liaison commence par des entretiens funèbres. Il parle de sa chère Angélique, ensevelie au couvent, et désormais morte pour lui. Elle parle de son mari défunt. Peu à peu, leurs cœurs, qu'ils croyaient morts, se réveillent. Un intérêt naissant les rapproche l'un de l'autre, et donne à leurs entrevues un goût délicieux. Ils s'abandonnent à cette inclination, et veulent se persuader à eux-mêmes qu'ils sont tout simplement sur la pente de l'amitié. C'est une pente rapide, surtout lorsque l'ami et l'amie n'ont pas encore dépensé toute la jeunesse de leur cœur. Qu'il s'ajoute à cette amitié un grain de jalousie, une once de coquetterie, et quelque peu de dépit, voilà les amis animés l'un envers l'autre, ou l'un contre l'autre, par ces brusques ressentiments ou par ces vives sympathies, qui sont, suivant le cas, les signes évidents d'une autre passion. « Les amants, disait Duclos, sont comme les voleurs, ils prennent d'abord des précautions superflues; ils les négligent par degrés; ils oublient les nécessaires, et sont pris. » Et c'est précisément ce que prouve le chef-d'œuvre d'analyse que Marivaux intitule la Surprise de l'Amour. C'est ce que

Gaston Deschamps. — Marivaux. 10

démontrent aussi, avec de légers changements dans l'intrigue, la Double Inconstance, la Faussa vante, le Dénouement imprévu, la Méprise, le Legs, les Fausses Confidences. Cette Surprise de V Amour est encore un menuet où les personnages marchent l'un vers l'autre en ayant l'air de s'éviter. Jamais les points sensibles par où le cœur d'une femme est facile à prendre n'ont été discernés avec plus de pénétration, ni montrés avec un art plus discrètement impitoyable. La marquise veut rester veuve. C'est entendu. Elle refuse ou prétend refuser d« but avoué serait de la décider

à un remariage dont l'idée seule lui fait horreur. Elle ne se pique plus ni d'agrément ni de beauté. Elle souffre cependant que sa suivante Lisette arrange ses cheveux et ajuste son corsage. Elle s'interdit de plaire, mais elle serait fâchée si elle déplaisait. Si on lui fait la cour, elle se défend contre les avances amoureuses. Mais, si l'on renonce à lui faire la cour, elle se croit rebutée, redoute le manque d'égards et d'attentions, craint de voir s'affaiblir le pouvoir de ses charmes. Elle est d'ailleurs infiniment gracieuse dans le jeu à la fois naïf et compliqué où excelle sa finesse mondaine. Les paroles qui lui échappent sont toujours ingénieuses, même lorsqu'elles sont imprudentes. Il y a, dans ses moindres démarches, un calcul qui est à la fois subtil et spontané. Son inclination secrète se trahit par des mots naturels et habiles. Parfois le timbre de sa voix semble se voiler d'un ressouvenir triste et se briser d'un léger sanglot, vite réprimé. Le rire étincelant de cette jeune femme se fond en dou-

ceurs tendres, comme ces rayons de soleil qu'apaise un nuage d'été. Mais, sitôt qu'elle reprend l'assurance de son empire, sa grâce conquérante se plaît à des manèges savants et s'échappe, pour ainsi dire, en menus gestes, qui sont vifs et prestes comme un déploiement d'éventail.

De toutes les femmes dont Marivaux a fait parler l'âme légère et fragile, c'est celle-ci la plus charmante. C'est à elle peut-être que songeait Théophile Gautier, lorsqu'il noua, comme une offrande de fleurs sur un autel abandonné, ce bouquet de strophes :

J'aime à vous voir en vos cadres ovales, Portraits jaunis des belles du vieux temps, Tenant en main des roses un peu pâles, Comme il convient à des fleurs de cent ans.

Le vent d'hiver, en vous touchant la joue, A fait mourir vos œillets et vos lis, Vous n'avez plus que des mouches de boue, Et sur les quais vous gisez tout salis.

Il est fini, le doux règne des belles. La Parabère, avec la Pompadour Ne trouveraient que des sujets rebelles, Et sous leur tombe est enterré l'Amour.

Vous cependant, vieux portraits qu'on oublie, Vous respirez vos bouquets sans parfums, Et souriez avec mélancolie Au souvenir de vos galants défunts.

C'est aussi pour cette aimable marquise, n'en doutez pas, qu'un poète plus moderne, M. Fernand Gregh a murmuré, en sourdine, ce délicat menuet ■

La tristesse des menuets Fait pleurer mes désirs muets Et je pleure

D'entendre frémir cette voix, Qui vient de si loin, d'autrefois, Et qui' pleure.

Chansons grêles du clavecin, Notes frêles, fuyant essaim,

Qui s'efface, Vous êtes un pastel d'antan Qui s'anime, rit un instant.

Et s'efface.

Comme vous meurtrissez les cœurs De vos airs charmants et moqueurs

Et si tristes, Menuets à peine entendus.

Sanglots légers, rires fondus,

Baisers tristes !

Elles s'appellent Marton, Jacqueline, et surtout Lisette. Elles sont aussi jolies que leurs maîtresses, et n'ont pas moins d'esprit. C'est-à-dire qu'elles en ont jusqu'au bout des ongles. Leur office est de coiffer, d'habiller, de servir des jeunes filles et des jeunes femmes amoureuses, et surtout de leur prodiguer des conseils ingénieux. Elles ne ressemblent pas aux servantes "de Molière. Si elles ont quelquefois le verbe haut, le poing sur la hanche, le cotillon troussé, et la riposte prompte, si elles savent, d'un vif coup de raquette, renvoyer la balle, ce n'est pas comme cette pécore de Flipote ni comme cette péronnelle de Toinon, ni comme cette pie-grièche de Martine, ni comme cette harengère de Nicole. Ce ne sont point des luronnes, mais des figurines. Leurs impertinences sont mièvres. Elles n'ont

qu'un filet de voix, un peu grêle, mais elles s'en servent à ravir. Elles ont du nerf, les yeux fripons, l'humeur gaillarde, la peau blanche, la gorge ronde et provocante, la taille fluette, les bras frais et potelés, la main leste, la jambe vive, le pied mignon, et, avec tout cela, volontiers la larme à l'œil.

Elles ont autant d'aisance et de style que si elles avaient appris le maintien à l'Abbaye-aux-Bois, sous la direction des danseurs de l'Opéra. Comme leurs maîtresses, elles ont une toilette, un miroir et une boîte à mouches. Il est vraisemblable qu'elles ont étudié le clavecin. Leur minois spirituel s'aiguise en sourires volontiers pinces. Leurs yeux pétillent de malice et leurs lèvres en fleur sont coutumières de la moue. Elles pourraient toutes suppléer leur maîtresse, comme fait Lisette dans le Jeu de l'Amour et du Hasard. Elles sont bien les filles de ce siècle sociable — et plus égalitaire qu'on ne pense — où Mlle Delaunay, femme de chambre de la duchesse du Maine, était admise et recherchée aux soupers des marquises.

Par la correction de leur langage, elles sont petites-cousines des confidentes de tragédie. C'est Albine ou Phénice, ayant renoncé à la majesté du cothurne, à la pompe de l'alexandrin et préférant aux solennités du péplum antique, le fichu pointu, la jupe d'organdi et le tablier à bavette de tulle, tiré à quatre épingles. Elles ont remplacé la solennité des tirades héroïques par un caquet flûte, dont elles se servent en perfection pour donner à leurs maîtresses des consultations de casuistique amoureuse. Ce sont des psychologues en jupon court.

Dans la Surprise de l'Amour, c'est Lisette qui déchiffre à livre ouvert l'énigme cachée au cœur de la marquise. « Voyez ce que c'est! dit cette fille rusée. Quand vous aimiez la vie, peut-être que vous n'étiez pas si belle; la peine de vivre vous donne un air plus vif et plus mutin dans les yeux, et je vous conseille de batailler toujours contre la vie, cela vous réussit on ne peut pas mieux.. . . Vous êtes un peu trop négligée, et je suis d'avis de vous arranger un peu la tête. La Brie, qu'on apporte ici la toilette de madame — Vous n'en voulez point, vous refusez le miroir I Un miroir, madame! Savez-vous bien que vous me faites peur; cela serait sérieux, pour le coup, et nous allons voir cela. Il ne sera pas

dit que vous serez charmante impunément Allons,

madame, mettez-vous là, que je vous ajuste. Tenez, le savant que vous avez pris chez vous ne vous lira point de livre si consolant que ce que vous allez voir. »

Une femme de chambre aussi adroite vaut son pesant d'or. Personne ne songe à s'offenser de ses hardiesses. C'est encore l'incomparable Lisette qui, par son rire en fusée et par ses irrésistibles arguments, déride et persuade, dans la Surprise de f Amour, le chevalier à la triste ligure. La boutade est amusante : « Monsieur le chevalier, j'étais sous le berceau pendant votre conversation avec la'marquise, et j'en ai entendu une partie sans le vouloir. Votre voyage est rompu; ma maîtresse vous a conseillé de rester, vous êtes tous deux dans la tristesse ; et la conformité de vos sentiments fera que vous vous verrez souvent. Je suis attachée à ma

maîtresse plus que je ne saurais vous le dire, et je suis désolée de voir qu'elle ne veut pas se consoler, qu'elle soupire et pleure toujours. N'entretenez point sa douleur; tâchez même de la tirer de sa mélancolie... » Et la folle babille en ayant l'air de ne plus savoir ce qu'elle dit : « Je ne vous blâme pas; vous vous êtes voué aux langueurs, vous avez fait vœu de mourir : c'est fort bien fait, cela édifiera le monde; on parlera de vous dans l'histoire; vous serez excellent à être cité, mais vous ne valez rien à être vu. Ayez donc la bonté de nous édifier de plus loin. »

Le chevalier a bien envie de se mettre en colère. Mais comment prendre au tragique une hilarité qui l'achemine vers sa guérison?

On s'attarderait volontiers dans la compagnie de ces jolies filles, verdissantes, frétillantes, appétissantes, toujours émerillonnées, et si bonnes! C'est un régal pour les yeux et un réconfort pour l'esprit. Elles sont, pour les amoureux en détresse, les fées propices qui raccommodent les brouilles, narguent les fâcheux destins, arrangent les malentendus, guérissent les plaies de la jalousie ou les piqûres du dépit, prêtent main-forte aux défaillances, finalement réconcilient et rapprochent les couples désunis par les erreurs du cœur ou séparés par les malices du sort. Préoccupées, avant tout, de cérémonies nuptiales, elles sont toujours prêtes à commander les violons ; elles ont toujours envie de fredonner ce gai refrain :

Préparons-nous à la fête nouvelle....

Elles excellent dans les ambassades, et suivent, pourv ainsi dire, l'amour à la piste. Elles favorisent éperdument ce vœu de la nature dont Figaro a parlé plus tard avec enthousiasme et dont tout le dixhuitième siècle fut entêté. Elles arrangent des mariages non pas à la façon de ces matrones qui combinent des dots avec des situations, mais au gré du caprice, et selon les lois éternelles du sentiment. Car il y a une philosophie dans ces têtes folles, ébouriffées en coup de vent, et sous ces cornettes toujours prêtes à prendre leur vol fantasque pardessus les ailes des moulins. Philosophie simple et joveuse. Philosophie d'honnêtes grisettes. Le premier article de ce credo, c'est que rien ne peut prévaloir contre l'amour, et qu'on ne force point les cœurs. Les privautés du mariage sont tristes, quand les cœurs «e se marient pas. Toutes, elles viennent, le poing sur la hanche, le casaquin décolleté, le nez en l'air, et le verbe haut, révérer leur dieu et confesser leur foi. Bien qu'elles ne fassent point de la Bible leur lecture coutumière, elles ont pris pour devise cette parole de l'apôtre traduite par Rabelais : « Rien à personne ne devez, fors amour et dilection mutuelle ».

C'est Lisette, dans le Jeu de l'Amour et du Hasard : « Vous me voulez, je vous veux, vite un notaire! » Ou bien : « M'aimez-vous ? non; ni moi non plus; vite à cheval! »

C'est encore Lisette, dans Y École des mères, disant de sa voix de fausset, au jeune et tendre Eraste : « Je crois que vous devez être content du zèle avec lequel je vous sers. Je m'expose à tout, et

ce que je fais pour vous n'est pas trop dans l'ordre; mais vous êtes un honnête homme, vous aimez ma jeune maîtresse, elle vous aime. Je crois qu'elle sera plus heureuse avec vous qu'avec celui que sa mère lui destine, et cela calme un peu mes scrupules. »

Messagères d'amour, habiles marieuses de beaux garçons et de jolies filles, elles sont merveilleusement clairvoyantes, et discernent d'un regard aigu les affinités électives qui attirent les amoureux et les amoureuses. Elles analysent, elles dissèquent. Quelle vue pénétrante des ressorts de nos passions! Le geste, le maintien, un regard, une rougeur dont on ne peut se défendre, sont, pour elles, des signes certains. Elles ne se trompent jamais sur les symptômes, et leur diagnostic infaillible excelle à noter les signes avant-coureurs de la passion, tf Où est-il donc, cet amour qu'il a? s'écrie la soubrette des Serments indiscrets, en parlant de Damis. Nous avons regardé dans ses yeux, il n'y a rien; dans ses paroles, elles ne disent mot; dans le son de sa voix, rien ne marque; dans ses procédés, rien ne sort; de mouvements de cœur, il n'en perce aucun. Notre vanité, qui a des yeux de lynx, a fureté partout; et puis, monsieur viendra dire qu'il a de l'amour, à nous qui devinons qu'on nous aimera avant qu'on nous aime, qui avons des nouvelles du cœur d'un amant, avant qu'il en ait lui-même! »

Friandes d'amour et même d'amourettes, curieuses de quintessences romanesques , elles ne songent pas seulement aux autres. Elles comptent bien faire un sort à leur propre cœur, mais sans le laisser escamoter; et, comme les bergères de Fra-

gonard, elles guettent toujours l'heure du berger Quand elles ont donné, à leurs maîtresses, d'élégantes leçons de marivaudage, elles marivaudent pour leur propre compte, à l'office. Elles ne savent pas regimber aux agaceries. Elles se laissent cajoler, lutiner, chiffonner dans l'antichambre. Mais par qui, grands dieux! Par Lubin, Grispin, Frontin, toute la séquelle des valets de la comédie italienne, toute la postérité d'Arlequin et de Pierrot, cent fois bafouée sur les tréteaux de la foire Saint- Laurent et de la foire Saint-Germain, sans doute apprivoisée , polie par Marivaux , lignée inquiétante tout de même, dont sortit, pour l'étonnement et l'effroi de la postérité, l'immortel chenapan Figaro.

Trivelin, au premier acte de la Fausse Suivante, résume leur carrière à tous, et annonce les exploits de Beaumarchais, en s'écriant : « Depuis quinze ans que je roule dans le monde, tantôt maître, tantôt valet, toujours industrieux, ami des fripons par intérêt, ami des honnêtes gens par goût, traité poliment sous une figure, menacé d'étrivière sous une autre, changeant à propos de métier, d'habit, de caractère, de mœurs, risquant beaucoup, résistant peu, libertin dans le fond, réglé dans la forme, démasqué par les uns, soupçonné par les autres, à la fin équivoque à tout le monde, j'ai tâté de tout. Je dois partout. J'ai logé partout, sur le pavét chez l'aubergiste, au cabaret, chez le bourgeois, chez l'homme de qualité, chez moi, chez la justice, qui m'a souvent recueilli dans mes malheurs.... »

Cinquante-cinq ans après cette tirade, la Révo-

lujjon devait donner à cet honnête homme le moyen de faire sa fin en se retirant dans la politique.

Marivaux a essayé de donner a ces comparses une frimousse neuve et un semblant de vie, en les déguisant parfois en rustres, et en leur prêtant l'insupportable jargon des faux paysans de Molière : « Gheux nous, cheux vous,... v'ià tout,... j'avons dit,... je disons,... oh! que nenni ! morguienne,... et moi itou.... » Vains efforts. L'auteur des Serments indiscrets est incapable de chausser des sabots , fussent-ils façonnés dans le bois léger dont on fait les accessoires de théâtre. Et puis, c'est un peintre de femmes.

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