SCÈNE IX. — ANGÉLIQUE, LUBIN
ângèlique. — Voilà qui est fait, je ne le verrai plus. (Lubin, sans s'arrêter, lui remet une lettre dans la main.) Arrêtez. De qui est-elle?
lubin, en s'en allant, de loin. — De ce cher poulet. C'est voûte galant qui vous la mande.
Angélique, la rejetant. — Je n'ai point de galant, reportez-la.
lubin. — Elle est faite pour rester.
Angélique. — Reprenez-la, encore une fois; et retirez-vous.
lubin. — Eh morgue! queu fantaisie! je vous dis qu'il faut qu'aile demeure, à celle fin que vous la lisiais; ça m'est enjoint, et à vous aussi. Il y a là dedans un entretien pour tantôt, à l'heure qui vous fera plaisir, et je sis enchargé d'apporter l'heure à Lisette, et non pas la lettre. Ramassezla ; car je n'ose, de peur qu'en ne me voie ; et pis vous me crierez la réponse tout bas.
Angélique. — Ramasse-la toi-même, et va-t'en, je te l'ordonne.
lubin. — Mais voyez ce rat qui li prend! Non, morgue! je ne la ramasserai pas; il ne sera pas dit que j'aie fait ma commission tout de travers.
Angélique, s en allant. — Cet impertinent !
lubin, la regardant s en aller. — Faut qu'aile ait de l'avarsion pour l'écriture.