Th. de Banville {Lettres chimériques, XVIII) disait très
justement de Watteau : « Cet artiste divin, frère de Marivaux. est I'- -'-ni qui, dans ses figures idéales, ait délicieusement amalgamé le théâtre et la s \<- .
le prennent déjà grand et fort, à ce moment décisif où il s'agit pour lui d'obtenir ce qu'il désire; chez eux, à peine l'action engagée, il se déclare et s'affirme. Chez Marivaux au contraire, l'amour est un sentimenlHdmlde, qïïTsë défend d'exister, qui se nie ou se dissimule, et dont ceux qui l'éprouvent ne conviennent qu'à la dernière extrémité, au momen t de s'épouser, c'est-à-dire à la fin de la pièce. Autre différence que Marivaux a lui-même pris soin de marquer : « Chez mes confrères, disait-il, l'amour est en querelle avec tout ce qui l'environne, et finit par être heureux malgré les opposants; chez moi, il n'est en querelle qu'avec lui seul, et finit par être heureux malgré lui. Il apprendra dans mes pièces à se défier encore plus des tours qu'il se joue que des pièges qui lui sont tendus par des mains étrangères l. » En effet, il n'y a presque jamais, dans les comédies de Marivaux, de résistance extérieure qui traverse l'amour; lgs cœurs des amants sont d'accord dès le début, mais la résistance qu'un penchant mutuel trouve d'ordinaire dans autrui, il la trouve ici dans sa propre nature; plusieurs comédies de Marivaux pourraient porter un titre renouvelé de Térence : ce serait, non pas « le père, » mais « l'amant qui se tourmente luimême ». Cet amour chicanier à ses dépens s, Mari-