‹ Marivaux, sa vie et ses œuvres, d'apres de nouveaux documents (volume 2)Chapitre 121 sur 345 · UNIFORMITE DES SUJETS ; VARIETE DES DETAILS · texte numérisé non relu

UNIFORMITE DES SUJETS ; VARIETE DES DETAILS

Chacune de ses tentatives est marquée par une découverte qui a toujours son prix; il n'est pas une de ses pièces, bonne ou médiocre, qui n'apprenne quelque chose sur la manière dont l'amour naît ou meurt '. N'est-ce point là une suffisante nouveauté, et, au lieu de reprocher à Marivaux une stérile ressemblance dans les sujets qu'il traite, ne conviendrait-il pas d'admirer plutôt avec quelle souplesse il varie, au point de la transformer chaque fois, une situation dont le point de départ est, en effet, toujours le même?

d. Théophile Gautier voit dans cette manière de représenter l'amour toute une révolution, qui assurerait à Marivaux une supériorité sur Molière : « Chez Marivaux, dit-il, on commence à sentir le véritable cœur humain. A travers mille fanfreluches coquettes, on découvre quelque chose de bien nouveau pour le temps, l'analyse sérieuse de l'amour. Molière, qui excellait dans la peinture des caractères en toute autre chose, n'avait fait vibrer qu'une seule fois cette corde-là, dans Le Misanthrope: autrement ses amoureux sont de simples jeunes premiers, n'émettant que des sentiments traditionnels et se ressemblant tous. Ce sont lesPamphileetlesChéréas de la comédie latin.' — des amoureux si l'on veut, des gens qui aiment, jamais. » (Histoire de l'art dramatique, t. V. p. 292.)

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