‹ Marivaux, sa vie et ses œuvres, d'apres de nouveaux documents (volume 2)Chapitre 132 sur 345 · Le Bourgeois gentilhomme, acte III, se. ix · texte numérisé non relu

Le Bourgeois gentilhomme, acte III, se. ix

o. L'abbé de La Porte, l'Observateur littéraire, 1759, t. I, p. 92.

contentes d'avoir mis à l'épreuve la patience de leurs amants et librement exercé aux dépens du mariage leur verve spirituelle, elles « s'humanisent » et consentent à prendre un époux. Que seront-elles pour celui-ci? Marivaux ne le dit pas; sans doute parce que l'amour conjugal n'est pas une sorte d'amour très dramatique. Une fois mariées, nous ne voyons plus ces jeunes filles déjà fort émancipées avant le mariage ; si elles reparaissent, c'est en qualité de veuves, et alors elles s'empressent de reprendre leurs idées d'autrefois, avec plus de piquant, si c'est possible, et de liberté dans la coquetterie.

Deux caractères, une jeune fdle et une jeune veuve, Sylvia, du Jeu de l'Amour et du Hasard, et Araminte des Fausses Confidences, tranchent sur ceux dont nous venons de marquer les traits principaux, la première par sa franchise mêlée d'espièglerie, la seconde par sa droiture et sa bonté.

Très décidée à ne pas accorder sa main à la légère, Sylvia n'a aucun éloignement de parti pris pour le mariage; seulement elle pense sur cette grave question comme Alceste sur l'amitié :

Avec lumière et choix cette union veut naître; Avant que se lier il faut se mieux connaître *.

Elle dispenserait à la rigueur son futur de bonne mine et de beauté : « Ce sont là des agréments superflus. Dans le mariage, on a plus souvent affaire à l'homme raisonnable qu'à l'aimable homme; je ne lui demande qu'un bon caractère, et cela est plus difficile à trouver qu'on ne pense 2. » Elle se déguise donc en soubrette pour recevoir le prétendant qu'on

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