Le Jeu de l'Amour et du Hasard, acte III, scène vm
2. lbid., acte III, se. ix. — Cette piquante situation se trouvait déjà chez deux devanciers de Marivaux, dans l'Épreuve réciproque et le Galant Coureur, de Legrand, et le Portrait de Beauchamp. Bien plus, selon Cailhava, le Jeu de l'Amour et du Hasard serait tiré « d'une comédie danoise intitulée Harni et Périne, et qui est remplie de choses très plaisantes exactement ». (L'Art de la comédie, t. III, p. 217, note.) Cette comédie (Henrich et Pernille) se trouve dans une traduction française du théâtre de Holberg, publiée à Copenhague, en 1746, par G. Fursmann, alors que le Jeu de l'Amour et du Hasard est de 1730. Amusante et bien conduite, elle offre, en effet, une grande analogie avec le Jeu de l'Amour et du Hasard; mais il est probable qu'au lieu de lui servir de modèle, elle en est imitée. Holberg, en effet, a beaucoup imité le théâtre français, notamment Molière (voir A. Legrelle, Holberg considéré comme imitateur de Molière, 1864). Il faudrait, pour trancher la question, savoir à quelle date fut représenté Henrich et Pernille et aucun des travaux français que j'ai pu consulter sur Holberg, ne donne ce renseignement (voir J.-J. Ampère, Revue des Deux Mondes, 1er juillet 1832 ;X. Marmier, Revue de Paris, t. LUI, 1838 ; Fr. Soldi, Revue germanique, janvier à mars 1850.)
Ce qui distingue essentiellement la comédie de Marivaux de ces diverses pièces, c'est le tact avec lequel il traite une donnée très scabreuse. Comme le fait remarquer M. Alphonse Daudet, << si l'on excepte Sedaine venu plus tard, on cherche-